23/10/2017 - 18h45

Florian Philippot : "Je n'ai jamais tapé sur les immigrés"

Florian Philippot a-t-il changé après son départ du Front national, lui qui dénonce partout le "syndicat anti-immigration" que serait devenu le parti ? Le président des Patriotes assure que non. "Je n'ai jamais tapé sur les immigrés et je ne le ferai jamais", a-t-il asséné, lundi, au micro de "Hondelatte Raconte" sur Europe 1. 

"Donner du sens" à la politique migratoire. En revanche, l'ancien vice-président du Front national estime qu'il ne faut pas être "naïf" sur l'immigration. "Le phénomène n'est pas contrôlé car nous sommes un pays qui ne maitrise pas ses frontières, qu'il y a une loi du juge européen qui décide à notre place de régularisations importantes", a-t-il précisé. "Mais on peut traiter [ce problème] sérieusement, sans taper sur tel ou tel immigré." Selon lui, il faut donc "donner du sens" à la politique migratoire. "On a beaucoup de choses à faire en France, mais aussi là-bas. Car elles viennent bien de quelque part ces personnes" immigrées.

Co-développement. Florian Philippot se fait donc l'avocat d'une politique de co-développement avec les pays d'origine des migrants. "On a une responsabilité, c'est de travailler avec des acteurs privés et publics en Afrique", a-t-il estimé avant de prendre pour exemple la fondation Energies pour l'Afrique de Jean-Louis Borloo, qui a pour objectif d'électrifier le continent africain.  

Plus fréquentable. Le président des Patriotes a par ailleurs assuré qu'il avait "tourné la page" avec le Front national. "J'ai beaucoup de respect pour les huit années de travail" avec Marine Le Pen, a-t-il souligné. "Je suis venu en 2009 pour une certaine intuition, pour ouvrir et professionnaliser un mouvement. Nous avons fait de grosses choses, les résultats électoraux l'ont démontré. Mais peut-être avons-nous été rattrapés par une nature du FN à la fin, FN qui est revenu en arrière." De son propre aveu, Florian Philippot est devenu plus fréquentable depuis son départ. "J'ai trouvé un éditeur très vite, ce qui était difficile, voire impossible avant. Je vois des personnes du monde de l'université, de la culture ou de la grande entreprise, qui peuvent nous voir plus facilement." Une situation "pas normale" vis-à-vis des élus frontistes, selon lui, mais qu'il "constate" néanmoins.