Florange et les promesses de Hollande

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Florange et les promesses de Hollande
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Il promet qu’il y retournera "dans six mois, un an". Sarkozy avait dit la même chose de Gandrange.

"Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent", disait Henri Queuille. Ce professionnel de la politique à l’ancienne, plus de trente fois ministre, est toujours à la page. Le dossier Florange en est une parfaite illustration. Europe1.fr vous rafraîchit la mémoire.

Le 24 février 2012. En pleine campagne électorale, François Hollande se rend sur le site d’ArcelorMittal à Florange pour témoigner sa solidarité avec des salariés menacés de licenciement Et il est bien reçu :

Le candidat socialiste n’était pas là que manger des merguez. Face à une centaines de salariés, il énonce son projet de loi contraignant tout groupe désirant se séparer d’une unité de production à laisser la place à un repreneur. "Je viens devant vous prendre des engagements (...) Je ne veux pas me retrouver dans la situation d'être élu un jour sur une promesse et ensuite de ne pas revenir parce qu'elle n'aurait pas été tenue", assure-t-il. Le projet de loi est retoquée par l'Assemblée nationale.

 





Le 6 décembre 2012. Alors que le groupe Arcelor Mittal a retiré le projet Ulcos en raison de difficultés techniques et que le gouvernement a rejeté l’hypothèse d’une nationalisation, l’accord passé entre l’industriel et le gouvernement ne convainc personne à Florange. Alors le président intervient. "Les engagements seront pris, j'en serai le garant", assure François Hollande. "Le gouvernement a pris des décisions, elles ne sont jamais faciles, ce sont des décisions courageuses qui permettent d'éviter un plan social à Florange, d'obliger l'actuel industriel Mittal à faire des investissements qui n'ont que trop tardé et à engager un plan Ulcos qui doit permettre qu'il y ait un avenir pour la filière chaude", affirme encore le chef de l'Etat en marge d'un déplacement chez Emmaüs.

Pourtant, en regardant de plus près les investissement promis, on constate que seulement 53 millions d'euros devraient être consacrés à de l'investissement "stratégique", c'est-à-dire au développement de l'activité de Florange. Les 127 millions restants, eux, serviront aux dépenses courantes.

>> A LIRE AUSSI : L'investissement en trompe-l'oeil de Mittal

Edouard Martin à Florange, 930*620

© MAXPPP

18 décembre 2012. "Nous n'avons jamais oublié Gandrange. Si François Hollande nous refait le coup de 2008, nous n'oublierons jamais Florange", prévient l’emblématique syndicaliste Edouard Martin. Le chef de l’Etat sait qu’il joue gros dans ce dossier. Lui comme son Premier ministre dévissent plus que jamais dans les sondages quand Arnaud Montebourg, dont le projet de nationalisation a été désavoué par Jean-Marc Ayrault, a le vent en poupe. Alors le chef de l’Etat promet qu’il assurera le service après vente de l’accord signé avec Mittal. "Dans six mois, dans un an, je retournerai à Florange", affirme le chef de l'Etat dans Le Point. "Ce qui est le plus regrettable c'est que le bon résultat de la négociation a donné le sentiment de ne pas avoir atteint son objectif", ajoute-t-il à propos des dissensions gouvernementales sur ce dossier. "S'il vient, on saura le recevoir, mais ça ne sera pas comme le 24 février", a réagi Jean Mangin, délégué CGT à l'usine de Florange.

"Le 4 février 2008, le précédent Gandrange. Nicolas Sarkozy se rend sur le site de Gandrange, menacé de fermeture par la direction de Mittal. Il assure aux salariés qu’il trouvera une solution pour éviter tout licenciement car "ce qui se joue, c'est la présence d'usines sur le territoire de notre pays." Et promet : "Je reviendrai moi-même (...) pour annoncer la solution qu'on aura trouvée".







Deux mois plus tard, les syndicalistes de Gandrange sont reçus à l’Elysée : "Je n'ai pas réussi à faire changer d'avis M. Mittal...", admet-il, avant d’annoncer une série de mesures palliatives. Le président promet également de revenir à Gandrange "dans deux mois" pour "graver ses engagements dans le marbre" avec Lakshmi Mittal. Il n’y retournera jamais. Mais une stèle (en marbre) a été déposée en la mémoire de son action: "Ici reposent les promesses de Nicolas Sarkozy faites le 4 février 2008."