Financement libyen de la campagne de 2007 : Nicolas Sarkozy en garde à vue

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L'ancien président de la République est entendu mardi sous le régime de la garde à vue sur les soupçons de financement illicite qui pèsent sur sa campagne victorieuse de 2007.

L'ESSENTIEL

L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, convoqué par les juges qui enquêtent sur les soupçons de financement illicite qui pèsent sur sa campagne présidentielle victorieuse de 2007, était entendu mardi matin dans les locaux de la police judiciaire à Nanterre, selon les informations du Monde, confirmées à Europe 1 par des sources judiciaires. 

Prévenu de cette garde à vue, l'ex-président a pu s'y préparer avec ses avocats. À l'issue de cette garde à vue qui peut durer jusqu'à 48 heures, Nicolas Sarkozy pourrait être présenté aux magistrats pour être mis en examen. Le député européen et ancien ministre Brice Hortefeux, était quant à lui entendu sous le régime de l'audition libre. 

Les principales informations

  • Nicolas Sarkozy s'est rendu à une convocation des juges mardi matin et a été placé en garde à vue

  • L'ancien ministre Brice Hortefeux est entendu en audition libre dans le même dossier

  • De nouveaux éléments confirmant les soupçons de financement illicite auraient été livrés

Première audition de Sarkozy dans cette enquête. La justice française cherche à vérifier accusations lancées par l'ancien président libyen Mouammar Kadhafi et son fils Seif el-Islam, selon lesquelles l'ancien président français avait bénéficié de leurs fonds pour financer sa campagne électorale. Selon les informations du Monde, plusieurs anciens dignitaires libyens de l’époque kadhafiste auraient récemment livré de nouveaux éléments faisant avancer l'enquête.  

Mardi, c'est la première fois que les policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) entendent l'ancien président dans cette affaire. L'intermédiaire Ziad Takieddine, qui avait révélé avoir versé 5 millions d'euros en liquide à Claude Guéant puis à Nicolas Sarkozy, a, lui, déjà été mis en examen en décembre 2016 - tout comme l'ancien ministre.

Alexandre Djouhri en détention à Londres. La garde à vue de Nicolas Sarkozy intervient aussi quelques semaines après l'arrestation d'Alexandre Djouhri à Londres. L'homme d'affaires est une figure clef dans l'enquête. Début mars, une juge anglaise a repoussé son audience d'extradition, qui devait initialement se tenir en avril, au 9 juillet. Mais en parallèle, une perquisition à son domicile suisse a permis à la justice française de saisir des documents qui ont pu faire avancer l'enquête. 

Invitée à réagir sur le placement en garde à vue de Nicolas Sarkozy, Nadine Morano, qui a compté parmi les soutiens de l'ancien président, a estimé que ce dernier n'était "pas épargné". Elle a également appelé à la "prudence", rappelant que Nicolas Sarkozy avait par le passé bénéficié de non-lieux. Pour sa part, le Premier ministre Edouard Philippe a indiqué n'avoir "aucun commentaire à faire sur la procédure judiciaire".