Fillon-Sarkozy : la guerre est déclarée

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Fillon-Sarkozy : la guerre est déclarée
François Fillon n'a pas eu de mots assez durs pour répliquer à Nicolas Sarkozy@ CAPTURE ECRAN BFMTV
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VIDEO - L’ancien Premier ministre a récusé lors d’un meeting toute idée d’un "homme providentiel".

L’INFO. Il tape dur. Très dur même. Piqué au vif par les récentes déclarations de Nicolas Sarkozy, François Fillon a ciblé jeudi soir l’ancien président, lors d’un meeting à la Grande-Motte. Non, "l’UMP ne peut pas vivre immobile, congelée, au garde à vous, dans l'attente d'un homme providentiel", a lancé l’ancien Premier ministre à la tribune, s'en prenant avec une virulence inédite à son ancien partenaire de l'exécutif.



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Une réponse à la pique de Sarkozy. Évoquant le discours tenu lundi par Nicolas Sarkozy devant le bureau de l’UMP, François Fillon a enchaîné les piques à l'adresse de Nicolas Sarkozy. "Je ne lie pas l'avenir de l'UMP à un homme. Le temps de l'opposition est fait pour débattre, il est fait pour réfléchir, il est fait pour susciter de nouveaux talents, il est fait pour faire des bilans, il est fait pour élaborer un projet nouveau" (...) "L'UMP ne peut pas vivre immobile, congelée, dans l'attente d'un homme providentiel", a déclaré François Fillon. "Personne ne peut dire ‘circulez! Il n'y a rien à voir, le recours c'est moi !’". Lundi, l’ancien président avait égratigné son ancien Premier ministre, en estimant qu’il y avait "quelque chose d’indécent à parler du rendez-vous de la présidentielle, alors que les Français souffrent".



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sarkozy et fillon

© Reuters

La primaire en ligne de mire. Mais pour François Fillon, "chacun a le droit de vouloir servir son pays et chacun aura le droit d'être candidat aux primaires". Dans l’entourage du député de Paris, on pense en effet que les fidèles de Nicolas Sarkozy tentent d’imposer la candidature de l’ex-président, alors qu’une primaire est prévue à droite pour 2016. François Fillon, lui, ne "lie pas l'avenir de l'UMP à un homme" et assure que "le temps de l'opposition est fait pour débattre, il est fait pour réfléchir, il est fait pour susciter de nouveaux talents, il est fait pour faire des bilans, il est fait pour élaborer un projet nouveau".

L'évocation des "affaires". François Fillon a aussi appuyé sur un point sensible en affirmant que "la multiplication des affaires pourrissait l'atmosphère". Or, des affaires, Nicolas Sarkozy en a quelques unes en ce moment entre Bettencourt, Karachi et l'affaire Tapie.

Le droit d'inventaire. L’ex-Premier ministre s’est aussi livré à un inventaire au vitriol du quinquennat, durant lequel "nous avons agi dans l'urgence, trop souvent au coup par coup, sans aller toujours au bout des changements nécessaires et attendus". L’économie ? Elle n’a "pas été suffisamment modernisée". Le modèle social ? Il n’a pas été "repensé en profondeur". Quant au "pacte républicain", il est "resté fragile malgré nos efforts pour faire reculer la délinquance". Un inventaire qui souligne, en creux, que Nicolas Sarkozy ne s’est pas livré à la moindre auto-critique sur son mandat. "Nous avons perdu face à une gauche mensongère, mais dire cela ne suffit pas", s’est encore exclamé François Fillon, pour qui "nous avons perdu parce que le sens que nous voulions donner à notre politique ne fut jugé, à tort ou à raison, ni assez lisible, ni assez puissant". La guerre Fillon-Sarkozy est définitivement lancée.