Fillon relance la guerre à l’UMP

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Fillon relance la guerre à l’UMP
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Fillon, qui semblait avoir accepté sa défaite pour la tête de l'UMP, a de nouveau contesté les résultats.

>> ACTE I : l’offensive des fillonistes

La bombe des fillonistes. Mercredi après midi, les principaux lieutenants de François Fillon ont donné rendez-vous à la presse à l’Assemblée nationale. Eric Ciotti prend la parole et explique que trois fédérations, la Nouvelle-Calédonie, Mayotte et Wallis et Futuna, ont été omises du total proclamé. Le directeur de campagne précise que l’oubli a été reconnu par le sénateur Patrice Gélard, président de la commission de contrôle électorale de l'UMP (Cocoe).

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Quelles conséquences ? Le camp Fillon exige que les résultats de ces trois fédérations soient intégrés au total car "dans le calcul final, 1.304 militants ont été privés de leur choix". "Il s'agit d'une erreur manifeste et grave", poursuit Eric Ciotti. En comptabilisant ces 1304 voix, l'ex-Premier ministre obtient 88.004, contre 87.978 pour Jean-François Copé. Ce qui fait donc 26 voix d’avance pour François Fillon.

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© CAPTURE BFM TV

La solution de Fillon. Dans un communiqué, le député de Paris, constatant "l’impasse" dans laquelle se trouve l’UMP, demande à Alain Juppé d'assurer de façon transitoire" la direction du parti, ce que ce dernier aurait accepté, selon leJDD.fr. "Je suis un homme de réflexion pas d'impulsion. J'ai besoin de réfléchir", a tempéré l'ancien Premier ministre à BFMTV qui l'interrogeait sur ce point. "Je réclame la vérité" sur les résultats de l'élection du président de l'UMP, "nous la devons à nos adhérents", écrit encore François Fillon, qui rejette toutefois la possibilité d’un recours juridique au nom "de l'unité de notre parti et de son honneur."

>> ACTE II : La réplique du camp Copé et de la Cocoe

La réaction de Copé. "Il y a eu des résultats, il faut maintenant se rassembler et travailler ensemble", a déclaré devant la presse le député-maire de Meaux. Visiblement agacé par la situation, Jean-François Copé se fait quelque peu menaçant : "Il y a une commission des recours, on ira à la commission des recours s'il le faut, comme ça, ça permettra de regarder de plus près les résultats à Nice!", lâche-t-il, allusion implicite à la fédération des Alpes-Maritimes, contrôlée par les fillonistes et dont certaines irrégularités supposées ont été pointées du doigt par les copéistes.

Et maintenant ? Patrice Gélard, président de la Cocoe, a d’ores et déjà déclaré son incompétence statutaire. "Nous avons rendu les résultats publics lundi soir. C'était une décision de la Cocoe et les deux parties étaient parfaitement au courant (...). Dorénavant, toute contestation doit être adressée, le cas échéant, à la commission des recours", a indiqué le sénateur de Seine-Maritime. Sauf que selon le JDD.fr, 110 parlementaires fillonistes se sont réunis dans l’après-midi pour décider de la suite des opérations. Résultat de leur discussion : ils ne veulent pas passer par la commission des recours à cause de sa composition, jugée trop favorable à Jean-François Copé. Leur requête : que Juppé prenne la tête de l’UMP. Ou alors ils menacent de faire scission.

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>> ACTE III : La menace d'un recours en justice

Fillon attaque sur TF1… L’ex-premier ministre est venu sur TF1 pour expliquer l’attitude de son équipe, après qu’il ait lui-même reconnu sa défaite. "Je ne pouvais pas imaginer que trois fédérations avaient été oubliées dans les comptes ! Quand j’ai découvert cette situation, j’ai immédiatement appelé le président de la Cocoe, qui a reconnu son erreur." Envisage-t-il alors de saisir la commission des recours ? Non, car il "n’a pas confiance " en elle. Le député de Paris a répété sa volonté de voir Alain Juppé "constituer une équipe et nous proposer une sortie de crise." Et si sa demande n'est pas entendue, il "intenter[a] un recours devant la justice".

… Copé se défend sur France 2. Le président élu de l’UMP lui a répondu quelques minutes plus tard sur TF1, après avoir une nouvelle fois répété qu’il était "la garant de l’unité de l’UMP."  "Je le regrette. Je ne peux pas imaginer qu'il aille à une telle extrémité. C'est pour ça que je dis que je suis prêt bien sûr à parler avec lui", a-t-il assuré.