Fillon persiste à parler "d'autres attaques" jeudi soir malgré les démentis officiels

  • A
  • A
Fillon persiste à parler "d'autres attaques" jeudi soir malgré les démentis officiels
François Fillon a répété plusieurs fois, à tort, que "d'autres attaques" avaient eu lieu jeudi soir dans Paris.@ Patrick KOVARIK / AFP
Partagez sur :

Le candidat de la droite à l'élection présidentielle a assuré jeudi soir qu'il y avait eu d'autres attaques en plus de l'attentat sur les Champs-Elysées. Avant de persister vendredi. Et ce, en dépit des nombreux démentis des autorités.

Tout s'est enchaîné très vite jeudi soir. Pendant l'émission politique spécialement mise en place par France 2 pour recevoir les 11 candidats à la présidentielle, une fusillade a éclaté sur les Champs-Elysées. Revendiqué par Daech par la suite, cet attentat s'est soldé par la mort d'un policier. Du fait du manque d'informations pendant les premières heures après l'événement, plusieurs candidats, et parfois les journalistes, ont été approximatifs sur le plateau de France 2. Jean Lassalle a ainsi parlé à tort du décès d'un second policier, tandis que François Fillon a affirmé qu'il y avait eu "d'autres attaques" à Paris. Ces deux rumeurs avaient pourtant été démenties quelques minutes plus tôt par le ministère de l'Intérieur. Mais dans le cas du candidat de la droite, il ne s'agissait visiblement pas d'une erreur lâchée dans la précipitation. 

Ces attaques "ont existé". Car vendredi matin, le candidat de la droite à l'élection présidentielle a persisté. "[Ces autres attaques] existent, regardez les rapports de police", a répondu François Fillon à un journaliste de l'émission Quotidien qui lui demandait, à l'issue d'une déclaration officielle à la presse, s'il se mettait aux "fake news". "Elles existent, elles ont existé."



Une agression sans rapport... L'entourage de François Fillon a ensuite expliqué à l'AFP que le candidat faisait allusion à une alerte du Centre opérationnel de gestion interministériel de crise (COGIC), dépendant du ministère de l'Intérieur. Alerte (et non rapport, donc) qui mentionnait l'agression d'un "militaire de l'opération Sentinelle" par "un individu à la station Etienne Marcel, sur la ligne numéro 4". "L'individu a été neutralisé et arrêté par les forces de police. Il n'y a pas de victimes", précisait également cette alerte.

...qui s'est produite avant la fusillade. Or, d'après le porte-parole du gouverneur militaire de Paris, le colonel Benoît Brulon, il ne s'agit en réalité que d'un "SDF en état d'ébriété avancé [qui] a voulu s'en prendre physiquement à une patrouille". "Il a été maîtrisé rapidement, s'est retrouvé au sol, des menottes dans le dos", a précisé ce porte-parole à propos de ce "non-événement". Selon des sources policières contactées par Le Monde, cette altercation est intervenue aux alentours de 20 heures, soit près d'une heure avant la fusillade des Champs-Elysées.

Ce n'est pas la première fois que François Fillon évoque en direct à la télévision des événements qui ne se sont jamais produits. Dimanche 5 mars, après son grand rassemblement de soutien au Trocadéro, il avait parlé de chaînes d'informations en continue qui auraient évoqué en direct le suicide de son épouse Penelope. Ce qu'aucune télévision n'avait pourtant fait.