Fillon ne veut pas de "l'inventaire" de Copé

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Fillon ne veut pas de "l'inventaire" de Copé
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L'ancien Premier ministre explique à Paris-Match qu'il veut mener sa propre "analyse critique".

La phrase à retenir. "Cette ardeur à vouloir tout à coup faire l’inventaire est un peu saugrenue, et la façon dont tout cela est présenté en ce moment est un cadeau pour la gauche". Dans une longue interview à Paris-Match à paraître jeudi, François Fillon prend habilement ses distances avec le droit d'inventaire des années Sarkozy, aujourd'hui prôné par un certain … Jean-François Copé.

Un piège tendu à Copé. Longtemps réticent à tout inventaire sur le bilan du dernier quinquennat, Jean-François Copé avait fini par s'y rallier, pressé par plusieurs ténors du parti. Le 17 août, le président de l'UMP avait accepté bon gré mal gré d'ouvrir "un débat sérieux et objectif" sur les années Sarkozy à condition de respecter certaines règles : que ce débat ait lieu "au sein de l'UMP" d'ici la mi-octobre, qu'il ne se "transforme" pas "en procès" contre Nicolas Sarkozy et François Fillon et "qu'il serve exclusivement l'avenir".

Des règles du jeu qui, semble t-il, ne conviennent plus à l'ancien Premier ministre. Jouant sur les mots, François Fillon  refuse d'employer l'expression "droit d'inventaire" préférant celle d'analyse critique". Mais ce bilan, l'ancien "collaborateur" de Nicolas Sarkozy entend le mener comme bon lui semble et sûrement pas sous les ordres du député-maire de Meaux. "C’est un travail permanent que j’ai entrepris avec les Français. Je n’accepte plus aucune autorité dans ce domaine", prévient François Fillon. Très virulent contre Nicolas Sarkozy avant l'été, l'ancien chef du gouvernement préfère aujourd'hui opter pour l'indifférence. Bien décidé à jouer sa partition, François Fillon s'amuse aujourd'hui que les sarkozystes prennent pour cible Jean-François Copé après qu'il ait accepté d'ouvrir la boîte de Pandore sur le bilan de l'ancien président.

François Fillon discours reuters 930620

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Ce qu'il disait il y a quelques mois. Pour s'affranchir de Nicolas Sarkozy, François Fillon a pourtant été l'un des premiers à se livrer à une autocritique de ses cinq années passées à Matignon. "On doit toujours être lucide. Pour ma part, je vais faire le bilan de ma propre action. Nicolas Sarkozy fera son bilan lui-même", assurait-il au Monde le 26 février.

Le député de Paris avait ensuite franchi un cap supplémentaire, lors de son meeting à la Grande-Motte, le 11 juillet, où il s'était livré à un inventaire au vitriol du quinquennat, durant lequel "nous avons agi dans l'urgence, trop souvent au coup par coup, sans aller toujours au bout des changements nécessaires et attendus". L’économie ? Elle n’a "pas été suffisamment modernisée". Le modèle social ? Il n’a pas été "repensé en profondeur", avait-il confessé. "Il faut avoir le courage de s’interroger sur soi-même, la lucidité de peser le pour et le contre de notre bilan", avait conclu l'ancien Premier ministre. Au "nous", François Fillon semble aujourd'hui préférer le "je".