Fillon maintient son camp loin du FN

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Fillon maintient son camp loin du FN
Le Premier ministre a mis en garde l'UMP contre la tentation de flirter avec le FN et ses idées, une formation qui a le vent en poupe si on se fie aux sondages.@ REUTERS
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Le Premier ministre a refusé toute complaisance de la droite avec un FN boosté par les sondages.

La majorité ne doit pas faire preuve de complaisance vis-à-vis de l'extrême droite mais ne doit pas non plus tomber dans les pièges tendus par le Front national, a prévenu mardi François Fillon.

Le Premier ministre, s'adressant aux parlementaires de la majorité qui sont l'un de ses plus fidèles soutiens, a longuement insisté sur la menace incarnée par le FN. Le sujet est très sensible, si on se fie au sondage Ifop publié mercredi par France Soir: 54% des sympathisants de l'UMP approuvent le parallèle établi par la vice-présidente du Front national (FN) Marine Le Pen entre les "prières de rue" des musulmans et l'Occupation.

L’extrême-droite “ne mérite pas de complaisance“

"Je veux dire qu'elle (l'extrême droite) ne mérite pas de complaisance, non seulement parce que son projet est dangereux et inconsistant sur le plan économique et social, mais aussi parce que la droite républicaine et le centre, il ne faut pas s'y tromper, sont les cibles principales du Front national", a-t-il estimé.

"Il ne faut pas jouer avec les vieilles allumettes qui ont si souvent et si inutilement consumé la droite", a-t-il ajouté, avant d’appeler tous les élus de l’UMP à faire bloc derrière Nicolas Sarkozy dans la dernière ligne droite vers le scrutin de 2012.

Le FN relooké surfe sur l’islamophobie

Le FN est revenu sur le devant de la scène après les dernières déclarations en date de Marine Le Pen sur "l'occupation" des lieux publics français par les musulmans qui font leurs prières dans la rue.

En pleine campagne interne, la vice-présidente du FN entend représenter sa formation à la présidentielle de 2012 et bénéficie de bons sondages.

Ne pas entrer dans le jeu de Le Pen

L'UMP, par la voix de son nouveau secrétaire général, Jean-François Copé, a suggéré que la droite traditionnelle devrait réagir en durcissant le ton et en relançant le débat sur l'identité nationale. François Fillon s'est montré bien plus mesuré. "Il n'est pas nécessaire de tomber tête baissée dans toutes les provocations parce que c'est évidemment exactement ce que cherche l'extrême droite", a-t-il averti.

"Nous devons être fermes sur le fond et, en même temps, nous ne devons pas être dédaigneux à l'égard des Français qui cherchent dans des solutions radicales une issue aux problèmes qu'ils rencontrent", a nuancé le Premier ministre.