Fillon inflexible sur le nucléaire

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Fillon inflexible sur le nucléaire
Fillon : Paris "respecte" la décision de Berlin mais s'en distingue@ REUTERS
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Pour le Premier ministre, "le nucléaire est une solution d’avenir". Ses ministres approuvent.

La décision de l'Allemagne de cesser toute production d'électricité nucléaire d'ici 2022 a relancé le débat en France. Dans l'hexagone, 85% environ de la production d'électricité est d'origine nucléaire.Pour autant, le choix allemand n’influencera pas le gouvernement français, a fait savoir François Fillon.

"La France respecte la décision allemande, qui était d'ailleurs déjà annoncée depuis plusieurs semaines, mais ça n'est pas le choix que nous faisons", a ainsi insisté le Premier ministre, au cours d'un déplacement en Alsace sur le thème de la santé.

Fillon campe sur ses positions

Le chef du gouvernement estime notamment que le nucléaire permet de tenir les objectifs concernant la lutte contre le réchauffement climatique. "Nous pensons que l'énergie nucléaire est une solution d'avenir, notamment par rapport aux engagements que nous avons pris (...) sur la question des rejets de gaz dans l'atmosphère", a-t-il poursuivi.

François Fillon propose toutefois un effort d'investissement "en matière de sûreté". Le gouvernement souligne que le nucléairepermet aux entreprises et aux particuliers de payer l'électricité nettement moins cher qu'en Allemagne.

"Nous ne pouvons pas nous en passer", pour Juppé

Même son de cloche du côté du ministère des Affaires étrangères d’Alain Juppé. "Nous pensons qu'à échéance de quelques décennies en tout cas, nous ne pouvons nous passer de l'énergie nucléaire", a indiqué le ministre à Bordeaux, au cours d'une conférence de presse organisée avant son conseil municipal.

"Ça ne va pas dire qu'il ne faut pas développer les énergies alternatives : il faut mettre le paquet sur l'éolien, le solaire, la biomasse, la géothermie... qui, dans la meilleure des hypothèses, pourraient représenter jusqu'au quart de nos besoins", a poursuivi le maire de Bordeaux, ajoutant qu'il fallait également "continuer à agir beaucoup plus énergiquement que nous ne le faisons sur la recherche des économies d'énergie".

Concrètement, le gouvernement a décidé de lancer un audit sur la sûreté des installations de l'Hexagone à la lueur de l'accident de la centrale de Fukushima.