Fillon : à Marseille, bastion de la droite, la base électorale baisse les bras

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Europe 1 s’est rendu auprès des militants de droite à Marseille. Pour une grande partie d'entre eux, la persévérance de François Fillon n’est pas compréhensible.

REPORTAGE

Cette fois, les ténors républicains commencent à quitter le navire. Bruno Le Maire a lâché l'équipe de campagne de François Fillon, suivi par Pierre Lellouche et Catherine Vautrin, qui veut un autre candidat. Chez les militants, l’unité se fracture aussi. Europe 1 s’est rendu à Marseille, bastion de la droite depuis 1995, où les partisans de la droite ont de moins en moins le cœur à faire campagne.

"Jamais on a vécu une campagne aussi difficile". De la colère, de la rage même. Face à ce qui est considéré comme de l’acharnement contre François Fillon, certains soutiens de l’ancien Premier ministre ne veulent pas renoncer aux chances de victoire. "Jamais on a vécu une campagne aussi difficile. On est révolté, cette révolte-là, elle va donner une force supplémentaire à nos militants sur le terrain, une envie de renverser la table et de l’emporter en mai prochain", veut croire Jean-Michel, militant depuis une quinzaine d’années.

"On ne sait plus quoi faire". Sauf que sur le terrain, cette envie de défendre François Fillon est loin de faire l’unanimité. À la fédération locale, c’est le désert. On se refuse à faire tout commentaire. "On est vraiment tétanisé. On ne sait plus quoi faire. On se force tous les jours à faire notre devoir de militant", finit toutefois par lâcher une adhérente. "Moi, j’ai honte quand je vois les casseroles, j’en ai des fois les larmes aux yeux, parce que c’est mon parti."

Aller aux élections présidentielles avec François Fillon, c’est perdu d’avance

"On est perdus", renchérit Christine qui refuse de faire campagne pour François Fillon. "Je pense que l’on n'a pas choisi le bon candidat. Il faut qu’il passe la main. Il a dit que s’il était mis en examen il se retirerait, et là, il ne veut pas se retirer. Aller aux élections présidentielles avec François Fillon, c’est perdu d’avance, il faut un plan B", estime-t-elle. "Xavier Bertrand et Alain Juppé ont dit non, donc il ne reste plus que Baroin", conclut-elle. Certains militants l’avouent : ils ne savent plus pour qui voter.