Filatures et écoutes: allongement de l'inéligibilité de Flosse requis

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Filatures et écoutes: allongement de l'inéligibilité de Flosse requis
@ AFP
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Un allongement de peine d'inéligibilité de "trois ou quatre ans" a été requis jeudi contre l'ancien président de la Polynésie française Gaston Flosse.

Un allongement de peine d'inéligibilité de "trois ou quatre ans" a été requis jeudi contre l'ancien président de la Polynésie française Gaston Flosse, qui comparaissait devant la cour d'appel de Papeete pour détournement de fonds publics pour avoir employé des agents administratifs à réaliser filatures et écoutes.

Filatures et écoutes. En première instance, Gaston Flosse avait été condamné dans ce dossier à 18 mois de prison avec sursis, deux ans d'inéligibilité et 16.700 euros d'amende, en juin dernier. Le délibéré de la cour d'appel a été fixé au 25 février 2016. Entre 1997 et 2004, 19 agents administratifs regroupés dans le Service Etudes et Documentation (SED) avaient suivi, enregistré ou filmé une cinquantaine de personnes : des opposants et des alliés politiques, un juge d'instruction, des journalistes, l'épouse de Gaston Flosse, mais aussi ses maîtresses. 

Agents recrutés dans un bar. Le juge s'est étonné que les agents aient été recrutés au Rétro, un bar du centre-ville de Papeete, ou encore que toutes les archives du SED aient été détruites en 2004, lorsque Gaston Flosse avait perdu le pouvoir. L'ancien président, également ancien sénateur (RPR, puis DVD), estime que les actions du SED étaient légales, et connues de tous, jusqu'au Président de la République Jacques Chirac, dont il était proche. "J'étais dans son bureau quand il a demandé au ministre de l'outre-mer de m'aider à monter ce service" a déclaré Gaston Flosse. "Je n'ai fait que défendre la France pendant 50 ans, même quand monsieur Sarkozy m'a mis en prison" a-t-il dit à la barre.

Gaston Flosse, 84 ans, purge depuis septembre 2014 une peine de trois ans d'inéligibilité dans une affaire d'emplois fictifs : il a perdu la présidence de la Polynésie française, mais conserve une forte influence à la tête de son parti autonomiste, le Tahoeraa Huiraatira.