Ferry : l'enquête risque de tourner court

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Ferry : l'enquête risque de tourner court
Luc Ferry était entendu vendredi matin comme témoin par la police@ Reuters
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L'ex-ministre a été entendu vendredi par la police. Mais il n'a rien dit sur ses accusations.

Luc Ferry, qui a provoqué un tollé en France en accusant un ancien ministre de pédophilie sans le nommer, a été entendu vendredi par la brigade de protection des mineurs en qualité de témoin. Il n'a pas fait de commentaires à l'issue de cette audition qui a tourné court. Le philosophe n'a visiblement rien dit aux enquêteurs sur sa source, sur la date et le lieu du crime présumé ou sur l'identité du suspect.

Le parquet de Paris avait ouvert une enquête préliminaire sur les accusations de l'ancien ministre de l'Education nationale. La Brigade de protection des mineurs souhaitait "lui faire préciser ses allégations", a précisé une porte-parole du parquet. Le directeur de la Police judiciaire s'était même déplacé en personne pour l'accueillir Luc Ferry vendredi matin. Las

Son interview a mis le feu aux poudres

Cette affaire est née d'une intervention lundi sur Canal+ de Luc Ferry, qui a assuré tenir ses informations "des plus hautes autorités de l'Etat". Les moeurs de la classe politique sont un sujet sensible après l'inculpation de Dominique Strauss-Kahn pour tentative de viol aux Etats-Unis et la démission du gouvernement du secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron, accusé par deux femmes d'abus sexuels.

Plusieurs personnalités politiques ont sommé Luc Ferry de s'expliquer et ont estimé que la justice devait se saisir de l'affaire. L'ancien ministre n'a pas paru ému par les critiques et s'est dit "ravi d'avoir jeté un pavé dans la mare". Il a ajouté n'avoir aucune preuve de ce qu'il avançait.

Une enquête qui n'ira sans doute pas plus loin

Faute d'éléments supplémentaires livrés par Luc Ferry, l'enquête préliminaire ne devrait pas aller plus loin. L'ancien ministre ne devrait d'ailleurs pas être de nouveau interrogé dans le futur. Reste une seule piste : la possibilité que les deux plaintes déposées au Maroc par des associations de protection des enfants pousse la justice française à lancer de nouvelles investigations.