Face aux députés frondeurs, Valls manie la carotte et le bâton

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L'INFO POLITIQUE - En coulisses, les récalcitrants assurent subir pressions et intimidations.

Valls ira à la réunion du groupe PS. Manuel Valls doit participer mardi matin à la réunion du groupe PS à l'Assemblée, où il se retrouvera face aux députés frondeurs qui comptent défendre leurs propositions via des amendements sur les prochains textes budgétaires, que ce soit la loi de finances rectificatives ou le budget rectificatif de la Sécu. Pas de calinothérapie en vue pour les troupes socialistes. Au contraire, l'objectif du Premier ministre est de faire rentrer dans le rang les récalcitrants.

Pressions et marchandages. Pour calmer la fronde annoncée, l'exécutif manie la carotte et le bâton depuis des semaines. En coulisses, selon les informations recueillies par Caroline Roux, les pressions et intimidations se multiplient. L'un des députés frondeurs raconte ainsi comment les conseillers de Manuel Valls, les cadors du PS, le secrétaire d’état aux Relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen traitent en tête-à-tête avec les députés les moins déterminés, les plus faciles à faire rentrer dans le rang. Le discours qu'il leur est tenu est invariablement le même : "Ce sera de ta faute si la gauche se divise, tu fais le jeu du Front national, il faudra en tirer les conséquences…" Pour s'assurer de leur soutien, on leur tend aussi des carottes en faisant peser dans la balance un poste de rapporteur ou encore une mission parlementaire.

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© REUTERS

Déjeuners de réconciliation. Au Palais-Bourbon, on a choisi une autre méthode. Le président de l’Assemblée nationale organise des déjeuners de réconciliation avec des frondeurs et des légitimistes pour trouver un terrain d'entente. Claude Bartolone est ainsi persuadé que plus le gouvernement durcit le ton, plus les positions se radicalisent parmi les députés. Un ministre s’amuse de la complainte des "41" (NDLR : les 41 députés abstentionnistes qui se sont abstenus lors du vote du plan d'économies de Manuel Valls) sur les pressions dont ils font soi-disant l’objet : "Les pauvres chouchous, ils sont dans un délire de victimisation narcissique", moque un membre du gouvernement.

De l'art de gouverner. "Chacun teste sa détermination avant le moment de vérité", résume l'éditorialiste politique d'Europe 1 Caroline Roux. Un député socialiste entré au parti en 1973 a fait passer le message suivant au gouvernement : l’art de gouverner, c’est de laisser croire aux frondeurs qu’ils ont eu une victoire. Lâcher du lest sur un ou deux amendements pour que l’aile gauche puisse dire qu’elle a défendu les salariés.

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