Laurent Fabius renonce au cumul entre présidences de la COP21 et du Conseil constitutionnel

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Laurent Fabius renonce au cumul entre présidences de la COP21 et du Conseil constitutionnel
Face à la polémique, Laurent Fabius annonce renoncer à la présidence de la COP21.
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Face à la polémique, Laurent Fabius renonce à la présidence de la COP21 dans un courrier adressé à François Hollande.

La main forcée, Laurent Fabius renonce. Bientôt président du Conseil constitutionnel, le tout frais ex-ministre des Affaires étrangères espérait également rester à la tête de la COP21. Il n'en sera rien, comme il le concède dans une lettre adressée lundi à François Hollande. "Vous m'avez fait l'honneur de me pressentir pour présider le Conseil constitutionnel et je vous en remercie vivement", écrit Laurent Fabius. "A mon sens, il n'existe pas d'incompatibilité avec la présidence de la dernière phase de la COP21. Pour autant, compte tenu du début de polémique interne sur ce sujet, je juge préférable de vous remettre mon mandat de président de la COP."

Compte tenu du début de polémique interne, je juge préférable de vous remettre mon mandat de président de la COP

"Une situation extrêmement inconfortable". Artisan de l'accord contre le réchauffement climatique conclu en décembre à Paris, Laurent Fabius espérait conserver la présidence de la COP21 jusqu'en novembre. Cette volonté lui a rapidement attiré des critiques, jusqu'au sommet du Conseil constitutionnel. Lundi, sur Europe 1, Jean-Louis Debré, qui dirige les Sages depuis 2007, s'interrogeait sur le cumul des fonctions souhaité par son successeur, estimant que cela créait une "situation extrêmement inconfortable" pour les autres membres. 

Place à Royal. À l'Élysée non plus, l'attitude de Laurent Fabius ne passait pas. Selon les informations d'Europe 1, François Hollande n'entendait pas satisfaire Laurent Fabius, qui espérait retirer les derniers lauriers de ses succès diplomatiques. L'ancien ministre des Affaires étrangères lorgnait notamment la grande cérémonie des signatures au siège de l'ONU, en avril. Il devrait laisser la place à Ségolène Royal, qui a profité du dernier remaniement gouvernemental pour accrocher à son portefeuille les "Relations internationales sur le climat".

Fabius acculé. Laurent Fabius a cédé face à la fureur de sa concurrente, de la droite dans son ensemble - trop heureuse de pouvoir cibler ce qui avait l’apparence d’une vanité - et des Sages eux-mêmes. Mais l’ancien ministre a surtout fatigué François Hollande. En privé, le Président a dit qu’il ne souhaitait plus se soucier de cette affaire. Dans ces conditions, Laurent Fabius n’avait plus vraiment le choix. Il a appelé le chef de l'Etat lundi en fin de journée pour lui dire qu’il renonçait et pour le prévenir qu’il recevrait, dans la foulée, la fameuse lettre.