Fabius invente le "troisième tour"

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Fabius invente le "troisième tour"
@ Europe 1
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Le leader socialiste assure que l’issue des régionales pèsera sur la politique du gouvernement.

A une semaine du premier tour des élections régionales, Laurent Fabius a affirmé que le scrutin possédait un double enjeu. "Il y un enjeu régional bien sûr qui est prioritaire, et il y a un enjeu national", a déclaré l’ancien Premier ministre dimanche dans le cadre du Grand Rendez-Vous Europe1-Le Parisien/Aujourd’hui en France

"Il y a ce que j’appelle le troisième tour", a précisé le député de Seine-Maritime. "Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il y aurait un certain nombre de décisions, en matière de retraite, d’emplois publics, de collectivités territoriales… S'il y a un succès de la droite, vous verrez Nicolas Sarkozy dire : "la population me fait confiance" et donc, tour de vis. En revanche, si nous l’emportons, nous serons placés pour dire qu’il faut une inflexion. Un gouvernement ne peut pas faire n’importe quoi en opposition avec la population et la politique suivie ne sera pas exactement la même selon que la gauche ou que la droite l’emporte."

Laurent Fabius parle du troisième tour :

Alors que les sondages donnent la gauche grande gagnante du scrutin, Laurent Fabius a félicité Martine Aubry pour son travail à la tête du Parti socialiste. "Il y a un climat d’unité, dû en particulier au travail de Martine Aubry. S’il y a un succès, ce sera dû à la fois aux candidats locaux, et au parti politique et donc à Martine Aubry." Sans oublier "un certain rejet du pouvoir actuel. Les gens voient des discours pas de résultats. Avec Nicolas Sarkozy, les discours et les promesses volent, les problèmes restent."

Des régionales à la présidentielle de 2012, il n’y a qu’un pas que Laurent Fabius a refusé de franchir totalement. "Ne confondons pas tous les horizons. Nous sommes dans les élections régionales", a-t-il tempéré, avant de confirmer l’existence d’un axe fort. "Entre Dominique Strauss-Kahn, Martine Aubry et moi-même, il y aura certainement unité. Nous sommes suffisamment intelligents et sensés pour comprendre que l’une des grandes raisons par laquelle la gauche a perdu ces dernières années, c’est la division." Et de dire du bien, encore, de Martine Aubry. "A partir du moment où quelqu’un est élu premier secrétaire, qu’elle réussit, et a les qualités pour briguer la fonction suprême, il faudrait être vraiment aveugle ou sans expérience pour ne pas voir que ça peut se produire."

Laurent Fabius parle de 2012 :

L’ancien Premier ministre a également abordé l’un de ses sujets de prédilection, l’économie. Laurent Fabius a plaidé pour la création d’un "pôle public financier". "Il faudrait actuellement que nous puissions nous doter d’une force de frappe financière industrielle. Par le regroupement d’actifs venus de la Caisse des dépôts, de la Banque postale, d’Oséo… Cela nous donnerait une puissance supplémentaire."

Au sujet de la Grèce, en proie à de très graves difficultés économiques qui ont contraint le nouveau gouvernement, autour du Premier ministre Andréas Papandréou à adopter des mesures d'austérité. L’ancien ministre de l’Economie s’est montré critique avec l’Europe. "Il est normal, légitime, et il serait essentiel que l’Europe aide la Grèce. Malheureusement, l’Union en tant que telle ne peut pas le faire directement, mais il y a des moyens de le faire."

"On peut très bien garantir des emprunts émis par la Grèce. On peut très bien demander au BEI d’emprunter sur les marchés au bénéfice de la Grèce. Et on peut très bine créer une agence européenne de la dette qui pourrait prêter à tel ou tel état." Si on est européen, il ne faut pas l’être à moitié. Or aujourd’hui, j’ai le regret de dire que l’Europe n’avance pas assez, parce qu’on se préoccupe uniquement des aspects institutionnels, qui devraient être derrière nous, et pas assez du fond."

Laurent Fabius parle de la Grèce :

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