Fabius a titillé le candidat Sarkozy

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Fabius a titillé le candidat Sarkozy
Nicolas Sarkozy et Laurent Fabius se sont affrontés sans concession mardi soir sur France 2.
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ZOOM - Nicolas Sarkozy et Laurent Fabius se sont affrontés sans concession mardi soir sur France 2.

L’ex-Premier ministre Laurent Fabius est le premier socialiste à avoir débattu avec Nicolas Sarkozy, mardi sur France 2. Le premier débat de Nicolas Sarkozy depuis sa victoire en 2007. Le duel s'annonçait houleux. Il n'a pas déçu. En cinq séquences, Europe1.fr vous livre les temps forts du débat.

LA VIOLENCE

Dès le début du débat, Laurent Fabius lance : "je suis heureux de pouvoir débattre avec Monsieur Sarkozy, dans une émission qui s'appelle Des paroles et des actes. Des paroles, on en a entendu beaucoup, parfois violentes quand vous avez proféré des accusations violentes contre Monsieur Hollande".  Réponse de Nicolas Sarkozy : "violentes" ? Je ne vous savais pas si sensible".

LA "FRAISE DES BOIS"

Nicolas Sarkozy se fait ensuite un plaisir de rappeler qu'en son temps, Laurent Fabius avait qualifié François Hollande de "fraise des bois". "Pour le critiquer, je dois confesser que je me suis inspiré de vous", glisse le président-candidat, avant de rappeler : "vous citer, ce n'est pas être désagréable". "Je n'ai pas eu toujours de bons rapports avec François Hollande", convient Laurent Fabius, qui s'est rallié à la Ni a vertement renvoyé son interlocuteur à des propos pas si lointains contre le candidat PS à l'Elysée.

Nicolas Sarkozy renvoie son interlocuteur à des propos pas si lointains :

L'EXPERIENCE

Laurent Fabius titille le président-candidat sur le terrain de l'expérience. "L'expérience, ça permet de comparer ceux qui se proposent à la fonction présidentielle. Il faut certaines qualités dans la période où nous sommes : rassembler et non diviser, prononcer des propos d'exclusion. La deuxième qualité, c'est se maîtriser. "La comparaison va dans le sens de François Hollande.", lance le député de Seine-Maritime. Nicolas Sarkozy réplique : "je l'ai fait en 2007, où j'ai réussi à rassembler 53% des Français. "Vous avez été premier ministre il y a 26 ans, ce n'est pas faute d'avoir essayé d'être candidat. Dans les années 1980, pour l'école libre, des millions de gens dans la rue. Ce n'a pas été le cas pendant mon quinquennat."

LE BILAN

L'ex-Premier ministre juge "la situation de l'emploi dramatique" depuis 2007. "Il y a 1 million de chômeurs en plus, 25% de jeunes en plus qui sont au chômage, plus de 1 000 entreprises qui ont fermé", relève-t-il, avant d'ajouter : "sur le pouvoir d'achat, quand on regarde la situation de la majorité des Français, il n'y a pas eu de progression, sauf pour une catégorie privilégiée." Et Laurent Fabius de conclure de façon cinglante : "votre bilan, c'est votre boulet." Nicolas Sarkozy rétorque alors avec ironie : "sur l'emploi, je demande aux Français d'imaginer, dans les crises qu'on a traversé, ce qui aurait été si Mme Royal avait été élue". Puis le président-candidat poursuit : "vos amis étaient au pouvoir en Grande-Bretagne et en Espagne. Sur la même période en Espagne, le chômage a augmenté de 191%, 3,5 millions. Le socialisme n'a pas été la solution. En Grande-Bretagne, 1 million de chômeurs en plus."

MOLIERE S'INVITE SUR SCENE

A propos de la TVA sociale, Laurent Fabius explique : "quand vous dites qu'il n'y aura pas d'augmentation de prix, personne ne peut le croire. Nous voulons créer une banque nationale d'investissement et une baisse d'impôts sur les PME". Nicolas Sarkozy réplique : "je ne veux pas croire à votre incompétence donc je pense qu'il y a beaucoup de mauvaise foi. Il faut plus d'investissement et plus d'innovation, nous sommes d'accord. C'est pourquoi nous avons créé le crédit impôt recherche.

Réécoutez l'échange entre Nicolas Sarkozy et Laurent Fabius :

Et le président-candidat de poursuivre : "la commission Rocard Juppé a fait un travail remarquable sur les innovations, que vous n'avez pas voté et vous voulez encourager l'innovation ? Tartuffe !", lance Nicolas Sarkozy, soucieux d'ajouter aussitôt : "ce n'est pas une insulte".

VALEURS DE LA REPUBLIQUE

Laurent Fabius conclut le débat sur le thème des valeurs de la République. "La justice, les médias doivent être indépendants. Il faut un autre style. Celui qu'on va élire dans quelques semaines, c'est le président de la République. Et vous avez pris quelques distances avec des valeurs de la République", lance-t-il à son interlocuteur. Réponse de l’intéressé : "j'ai du respect pour vous, Laurent Fabius. Mais j'ai pas beaucoup de leçons à recevoir de quelqu'un qui militait pour que Dominique Strauss-Kahn soit le prochain président de la République française." "Bravo pour votre élégance", soupire le socialiste.

Nicolas Sarkozy ne lâche pas l'affaire : "Evidemment, quand on parle de vous et de vos amis, on est inélégant, quand c'est de moi, c'est de la démocratie".