Régionales : ce qu'il faut retenir de la journée de lundi

  • A
  • A
Régionales : ce qu'il faut retenir de la journée de lundi
Partagez sur :

Malgré les consignes de son parti, Jean-Pierre Masseret, tête de liste socialiste en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, a refusé de retirer sa liste au second tour.

L'ESSENTIEL EN DIRECT

Au lendemain d’un premier tour des élections régionales qui a vu triompher le Front national, la question du retrait des listes pour faire barrage au parti de Marine Le Pen empoisonne la vie de la droite et de la gauche. D’un côté, Les Républicains s’opposent à l’UDI, de l’autre, le PS a pris une position claire, mais se heurte à l’intransigeance de son candidat en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes, Jean-Pierre Masseret. Lundi soir, Manuel Valls a vivement critiqué son refus de se retirer, l'appelant à "être digne" et "à la hauteur de l'enjeu". 

Les informations à retenir :

  • Jean-Pierre Masseret, candidat socialiste d'Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes, refuse de se retirer. 

  • Manuel Valls a appelé à voter pour la droite en PACA, Nord-Pas-de-Calais et Grand Est. 

  • Nicolas Sarkozy a confirmé la position des Républicains : "pas de fusion, ni de retrait, pas de combinazione". 

La gauche se retire dans deux régions... Du côté des socialistes, les résultats sont faibles mais moins mauvais que prévu. En misant sur un report des suffrages écologistes et front de gauche au deuxième tour, le PS peut même espérer conserver jusqu'à cinq régions. Pour tenter de remporter l'Ile-de-France, le PS, EELV et le Front de gauche ont annoncé la fusion de leurs listes pour le second tour, lundi en fin d'après-midi. Reste les régions dans lesquelles le candidat du gouvernement est arrivé en troisième position derrière le FN et la droite. En Paca et dans le Nord, Jean-Christophe Cambadélis a explicitement appelé à leur retrait dès dimanche soir "pour faire barrage républicain" au parti frontiste. 

... mais la consigne ne passe pas dans une troisième. En Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, en revanche, la situation est plus compliquée. Le candidat socialiste arrivé troisième, Jean-Pierre Masseret, a confirmé son maintien lundi midi, à l'issue d'une réunion avec les têtes de listes départementales dans son QG de Maizière-lès-Metz. Lundi matin, le porte-parole du PS avait pourtant estimé que le candidat socialiste arrivé troisième, Jean-Pierre Masseret, "devra" aussi se retirer. "C'est une décision du Bureau national. Il devra la respecter. Point", avait tranché Jean-Christophe Cambadélis. Malgré les consignes du premier secrétaire du PS, la liste socialiste dans le Grand Est pour le deuxième tour a bel et bien été déposée, lundi après-midi à la préfecture de Strasbourg. 

Une intransigeance vivement critiqué par Manuel Valls, invité de TF1 lundi soir. Le Premier ministre a également appelé à voter pour les listes de droite, face au FN, en Provence-Alpes-Côte d'Azur et Nord-Pas-de-Calais-Picardie où le PS s'est retiré, ainsi qu'en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne.

Ni retrait ni fusion pour Les Républicains. L'impopularité du gouvernement aura moins servi la droite qu'elle ne pouvait l'espérer. Avec 26,7% des voix au niveau national, Les Républicains, et leurs alliés de l'UDI, font à peine mieux qu'en 2010 (26,02%). Lors d'un bureau politique organisé lundi matin, les principaux responsables du parti ont décidé de la stratégie à suivre au deuxième tour, se prononçant pour exclure "tout retrait, toute fusion, toute alliance, tout accord". Une position que Nicolas Sarkozy a répété lundi soir. "Pas de fusion, ni de retrait, pas de combinazione, pas d'arrangement", a tonné l'ancien président de la République, invité du journal télévisé de France 2, lundi soir. 

Si cette position du "ni-ni" est majoritaire au sein de la droite, elle a néanmoins été contestée, notamment par Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Pierre Raffarin. "Quand on peut empêcher le Front national par son retrait, il faut empêcher le Front national", avait ainsi déclaré Jean-Pierre Raffarin lundi matin.

Le FN, presque sûr de remporter deux régions. Arrivé en tête dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et en Provence-Alpes-côte-d'Azur, le parti frontiste sort vainqueur en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne et en Bourgogne-Franche-Comté. A ces victoires prévisibles, le FN ajoute deux surprises en l'emportant en Centre-Val de Loire et en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Au second tour, le 13 décembre, Marine Le Pen et sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen, semblent assurées de l'emporter respectivement dans le Nord et en PACA, malgré le retrait des listes socialistes arrivées en troisième position. En Alsace, Florian Philippot a également de sérieuses chances de s'emparer du conseil départemental, surtout si le candidat PS se maintient. Ce sera plus difficile pour les candidats des trois autres régions, mais tout dépendra de la mobilisation et du report des voix. "La partie n'est pas encore gagnée, a rappelé Jean-Marie Le Pen au micro d'Europe 1 midi. Elle dépend de la mobilisation de nos militants, mais aussi de nos électeurs."

>>Retrouvez les résultats des élections régionales