Eva Joly : les militants à la peine

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Eva Joly : les militants à la peine
Eva Joly sera l'invitée exceptionnelle d'Europe 1 jeudi entre 7 heures et 9 heures.@ MAXPPP
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REPORTAGE- Les partisans d'EELV ont du mal à convaincre les électeurs sur le terrain.

Toujours scotchée autour de 2 ou 3% des intentions de vote, Eva Joly a bien du mal à s'imposer dans cette élection présidentielle. Sur le terrain, ces partisans peinent à attirer des électeurs. Une nouvelle fois, c'est le choix de la candidate, qui a été tranché au mois de juin 2011 lors de la primaire d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), qui fait débat. Certains auraient préféré voir Nicolas Hulot concourir à la fonction suprême.

C'est le cas dans le 18e arrondissement de Paris où Eva Joly suscite une certaine indifférence alors qu'EELV y a fait environ 20% aux dernières élections régionales.

"Elle n'est pas convaincue", affirme cette Parisienne :  

"Même 5% ce serait un échec"

De quoi inquiéter le parti sur son avenir, lui qui avait brillé aux européennes avec Daniel Cohn-Bendit (16,3%), puis aux régionales (12,5%). Le sénateur EELV Jean-Vincent Placé a d'ailleurs averti qu'il y aurait "peu d'écologie" dans un gouvernement de gauche si Eva Joly recueillait un résultat médiocre.

Mais "même 5%, ce sera un échec", confie un responsable EELV. A la direction, certains "espèrent un découplage entre la présidentielle et les législatives" avec "l'illusion que ça va repartir après" mais "2-3%, ça va nous décrédibiliser" pour longtemps, pense-t-il.

Cela "va encourager les dissidences"

La crainte concerne notamment le non-respect de l'accord sur les législatives conclu en novembre : une soixantaine de circonscriptions réservées aux écologistes par le PS laissant augurer, en cas de victoire de la gauche, une bonne vingtaine de députés EELV (contre quatre sortants). Mais un faible score "va encourager les dissidences" comme c'est déjà le cas à Lyon ou en Saône-et-Loire, juge une personnalité "écolo" : "comment imposer aux militants PS enthousiastes par la victoire, de soutenir quelqu'un dont la candidate aura fait 10 fois moins que le sien ?"

Enfin, autre grande question qui se posera en cas de victoire de François Hollande le 6 mai, celle de la participation au gouvernement. Un Conseil fédéral d'EELV est d'ailleurs prévu les 7 et 8 mai pour trancher la question. Cécile Duflot l'a maintes fois répété l'an passé : pas d'entrée dans un gouvernement de gauche qui n'engage pas la sortie du nucléaire alors que François Hollande s'est engagé à réduire de 75% à 50% d'ici 2025 la part de l'énergie nucléaire dans la production d'électricité. Mais le candidat socialiste entend lui bien achever la construction de l'EPR à Flamanville.

Eva Joly sera l'invitée exceptionnelle d'Europe 1 jeudi entre 7 heures et 9 heures.