Eva Joly est-elle "net" ?

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Eva Joly est-elle "net" ?
@ Reuters
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La candidate écolo se veut "pro-web". Mais dans la pratique, les choses semblent plus complexes.

Internet, Eva Joly l’envisage sans restriction. Ainsi, la nouvelle candidate d’Europe-Ecologie Les Verts promet d’abroger Hadopi et Loppsi, dès la première semaine, si elle était élue présidente. "Cela fait partie des mesures phares de sa profession de foi. Elle considère que ce sont des lois liberticides, au-delà de la question de la neutralité du net et de la censure", explique à Europe1.fr Julien Bayou, chargé de la communication d’Eva Joly.

"Un signal à l’électorat jeune"

Une position "pro-web" qui pourrait lui donner un certain gage auprès des jeunes. "C’est plutôt bien joué", estime Frédéric Dabi, directeur du département opinion à l'Ifop, joint par Europe1.fr. "Elle donne un signal à l’électorat jeune, ce qui peut être un bon moyen de rassembler ce segment de génération", analyse encore le sondeur, qui précise qu’ "électoralement, Europe-Ecologie Les Verts réalise son meilleur score chez les jeunes".

Mais Eva Joly n’est pas la seule à vouloir abroger Hadopi et Loppsi, mises en place par Nicolas Sarkozy. Le PS a en effet adopté une position unanime sur la question, estimant que ces lois sont attentatoires aux libertés. "L'abandon de la loi Hadopi, coûteuse, inefficace et à contretemps, me paraît donc aller de soi", a écrit Martine Aubry dans une tribune publiée sur Rue 89, fin juin.

"Elle nous dicte ce qu’elle veut écrire"

Dans l’idée, l’ancienne magistrate se veut donc résolument moderne par rapport à Internet. Mais dans la forme, les choses semblent plus complexes. Ils sont quelque 6.450 internautes à suivre le compte Twitter d’Eva Joly, loin des 12.380 abonnés de Ségolène Royal ou encore des 9.260 followers de Martine Aubry.

Si Eva Joly compte exister dans les réseaux sociaux, la principale intéressée n'alimente pas directement sa page."Elle nous dicte ce qu’elle veut écrire et nous nous en occupons", raconte Julien Bayou. Et contrairement à ce que son nom indique, le compte Twitter "EvaJoly2012" n’est pas tenu par le comité de soutien de la candidate. "C’est un Anglais qui a réservé le compte voyant qu’il n’était pas pris…", sourit Julien Bayou, qui n’y voit là aucun inconvénient.

Même fonctionnement sur sa page Facebook, suivie par près de 6.000 internautes, quand Ségolène Royal en compte presque 28.000. En bonne politique sur le web, la candidate y poste – via son équipe web – des photos de ses déplacements et s’est abonnée à plusieurs groupes représentatifs de ses engagements, tels que "Anti Corrida" ou encore "Eva Joly l’incorruptible, présidente 2012 !".

Un site écolo

Et même sur le web, la députée européenne se veut écolo. Elle revendique ainsi un "site électriquement vert". "Ce site fait le choix d’éco-neutraliser son impact sur l’environnement et de soutenir le développement des énergies propres", peut-on lire sur la page du label.

Une plate-forme créée en mars dernier avec les moyens du bord. "On est trois ou quatre à avoir bricolé un site internet", concède Julien Bayou. "Eva Joly tenait déjà un blog sur le NouvelsObs.com mais elle n’était pas assez libre. Elle a donc voulu créer un site. C’est elle qui en a validé les grandes orientations", assure-t-il. En terme de trafic, le site a connu un coup d’accélérateur au moment de la primaire écologiste et les équipes d’Eva Joly compte bien l’améliorer pendant l’été.

Dans les semaines à venir, le site internet de la candidate devrait être amené à se développer. "Internet sera un objet de campagne mais aussi un terrain de campagne. On va constituer une petite équipe de gens motivés. On compte beaucoup sur le web comme moyen d’organiser sans moyen", plaisante Julien Bayou. Des petits moyens qui n’empêchent pas les grandes ambitions.