Euthanasie : le débat tourne court

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Euthanasie : le débat tourne court
Le Sénat a adopté mardi matin un amendement qui supprime l'article premier du texte visant à légaliser l'euthanasie.@ MAXPPP
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Un amendement qui empêche toute légalisation de cette pratique a été adopté au Sénat mardi.

La commission des Affaires sociales du Sénat a tranché mardi en défaveur d'une proposition de loi sur l'euthanasie. Elle a adopté un amendement qui supprime l'article premier du texte visant à légaliser cette pratique.

L'article stipulait, que "toute personne capable majeure, en phase avancée ou terminale d'une affection accidentelle ou pathologique grave et incurable, lui infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée ou qu'elle juge insupportable, peut demander à bénéficier (...) d'une assistance médicalisée permettant, par un acte délibéré, une mort rapide et sans douleur".

Un large débat dans la classe politique

L'amendement voté mardi matin, vidant de fait le texte de sa principale substance, était présenté par la sénatrice UMP de Paris Marie-Thérèse Hermange. Il devait être représenté lors de l'examen du texte en séance publique dans la soirée, assorti d'un avis favorable de la commission. Cette même commission des Affaires sociales avait adopté le 18 janvier par 25 voix, 19 contre, et deux abstentions, une proposition de loi droite-gauche visant à légaliser l'euthanasie, suscitant un large débat dans la classe politique.

Lundi, François Fillon a clairement manifesté son opposition à l'euthanasie dans une tribune publiée par Le Monde. Marie-Thérèse Hermange dit avoir reçu cette tribune "comme un appel à la raison". Selon la sénatrice UMP interrogée par Europe 1, "cette loi n'est pas opportune au moment où nous sommes en train de réfléchir sur la question de la dépendance, un grand chantier du président de la République".

"De grandes réserves sur la législation"

Ségolène Royal a également fait part de son scepticisme sur la question mardi matin sur Europe 1. "Il faut accompagner la fin de vie dans la dignité mais personnellement, j'ai de grandes réserves sur la législation sur l'euthanasie", a dit la présidente de la région Poitou-Charentes.

Marie Humbert avait en revanche demandé sur Europe 1 qu'on laisse "le choix à ceux qui n'ont plus d'espoir". Cette femme avait relancé le débat sur l'euthanasie en 2003 alors que son fils, devenu tétraplégique, aveugle et muet après un accident de la route, avait écrit un livre intitulé "Je vous demande le droit de mourir". Jugée pour avoir aidé son fils à mourir, elle avait obtenu un non-lieu en 2006.