Européennes : le FN décroche un tiers des eurodéputés français

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Européennes : le FN décroche un tiers des eurodéputés français
Marine Le Pen tout sourire, devant des affiches proclamant le FN premier parti de France.@ REUTERS
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L'ESSENTIEL - Le parti de Marine Le Pen obtient 24,96% des voix. Une illustration de la montée des eurosceptiques dans l'Union.

# Les clés du scrutin

• Près de 400 millions d’électeurs étaient appelés à voter dans 28 pays pour élire 751 eurodéputés.

• L’abstention en France est de 56,85%, légèrement inférieure au record de 2009.

• En France comme ailleurs, les eurosceptiques crèvent l'écran.

# Les derniers résultats en France

• Le Front national est arrivé largement en tête des élections en France, selon les derniers résultats. Le parti de Marine Le Pen recueille 24,85% des voix au niveau national, de très loin son meilleur score historique. Le parti frontiste remporte ainsi 24 sièges.

• Deuxième avec 20,80%, l’UMP ne pourra se contenter ni du score, 20 élus, ni du rang et doit s’attendre à vivre des jours difficiles.

• Quant au PS, la claque annoncée a bien eu lieu. Avec moins de 14% des suffrages annoncés (13,98%), la parti majoritaire fait encore moins bien qu’en 2009. Elle n'aura que 13 eurodéputés.

• De son côté, l'alliance UDI-MoDem obtient 9,90% des voix, alors qu'Europe Ecologie-Les Verts se contente de 9,5% des voix environ.

# Réunion de crise à l'Elysée

Même si le gouvernement a répété à l'envi que les résultats des élections européennes n'entraînerait pas de changement dans la politique menée, François Hollande semble vouloir tirer des enseignements du scrutin. Le président de la République a en effet convoqué une réunion de crise lundi à 8h30 à l'Elysée, en compagnie du Premier ministre Manuel Valls et de plusieurs ministres : Laurent Fabius, Michel Sapin, Bernard Cazeneuve, Stéphane le Foll et Harlem Désir. "Des leçons doivent être tirées de cet événement majeur", a fait savoir l'Elysée par voie de communiqué. 

# L’abstention

Les électeurs ont massivement boudé les urnes dimanche aux élections européennes en France, avec une abstention de 57,57% selon le ministère de l'intérieur,  même si elle est inférieure au record de 2009 (59,37%). L'abstention avait été de 36,45% au premier tour des municipales le 23 mars et de 37,87% au second tour le 30 mars.

A l'échelle de l'Europe, le taux d'abstention est stable, à 43,11% dans l'ensemble de l'Union, selon le Parlement européen.



# Une montée des eurosceptiques

Merkel

© Reuters

En Allemagne, les conservateurs (CDU/CSU) de la chancelière Angela Merkel (photo) sont arrivés en tête, malgré une percée du parti anti-euro AFD et des sociaux démocrates du SPD, d'après des sondages sortie des urnes. Les conservateurs de la CDU/CSU obtiennent 35,3% des voix (contre 37,9% en 2009), devant le SPD à 27,3%, contre 20,8% en 2009. Le nouveau parti anti-euro AFD, créé au printemps 2013, réalise un score de 7% qui lui permet de faire son entrée au parlement européen.

En Grande-Bretagnec'est le parti europhobe Ukip qui a remporté une victoire historique, avec un score de 27,5%, après le dépouillement de dix des douze régions électorales britanniques. Le Labour, dans l'opposition, obtient la deuxième place avec 25,4%, suivi par les conservateurs au pouvoir, avec 23,9% des suffrages.

En Grèce, le parti de la gauche radicale Syriza obtiendrait 26% des voix, contre 23,2% pour la Nouvelle-Démocratie (ND, droite) du Premier ministre Antonis Samaras, selon les premières estimations officielles. En Autriche, le parti de centre-droit ÖVP est gagnant avec 27,3% des suffrages, devant les sociaux-démocrates du SPÖ, qui atteindraient 24,2%, et surtout le FPÖ, qui espère constituer un groupe commun avec notamment le Front national dans le prochain Parlement, qui arrive troisième avec 20,5% des suffrages, contre 12,7% en 2009.

Le Parti populaire danois, formation anti-immigration, est arrivé en tête des élections européennes au Danemark, avec 26,7% des voix. Ces résultats lui donnent quatre des treize siège dont dispose le pays au Parlement européen, loin devant les sociaux-démocrates au pouvoir, qui obtiennent 19,1% des voix. En Hongrie, le scrutin a été largement dominé par le parti conservateur Fidesz du dirigeant Viktor Orban, mais l'extrême droite ultra nationaliste du Jobbik arrive en deuxième position avec 14,7% des voix et trois sièges.

La coalition de centre droit au pouvoir au Portugal a été largement devancée dimanche par l'opposition socialiste, traduisant un fort rejet de sa politique d'austérité. Le PS arrive en tête avec 31,45% des suffrages, contre 27,7% pour la coalition au pouvoir, selon des résultats partiels. En Espagne, les deux grands partis traditionnels, le Parti populaire de droite, et le Parti socialiste, ont reculé de manière spectaculaire au profit de petites formations comme Podemos, né de la mouvance des indignés, qui obtient cinq sièges. En Italie, le Mouvement Cinq Etoiles (M5S) de l'eurosceptique Beppe Grillo a perdu son pari : le Parti démocrate du chef du gouvernement, Matteo Renzi, semble avoir remporté une large victoire, avec 41,4% des suffrages, selon les projections. Le M5S remporterait 22,4% des voix et Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, obtiendrait 15,7%.

# Les conservateurs revendiquent la victoire

Le candidat des conservateurs européens pour la présidence de la Commission européenne, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, a revendiqué dimanche la victoire de son camp aux élections européennes sur son compte Twitter. "Le Parti populaire européen (PPE) est en train de gagner les élections européennes. Et il revendique donc la présidence de la Commission européenne", a écrit le dirigeant luxembourgeois. Le PPE qui rassemble notamment l'UMP en France, la CDU en Allemagne ou le Parti populaire en Espagne, compte devancer d'au moins une vingtaine de sièges le groupe des socialistes européens. Pour la première fois, les chefs d'Etat et de gouvernement devraient tenir compte du résultat des élections européennes pour désigner le prochain président de la Commission européenne. L'actuel exécutif européen est présidé depuis dix ans par le conservateur portugais José Manuel Barroso. Le candidat des socialistes est l'Allemand Martin Schulz.



 
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