Europe Ecologie : le PS jamais bien loin

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Europe Ecologie : le PS jamais bien loin
Socialistes et écologistes vont approfondir leurs discussions, à l'image de François Lamy, responsable de la campagne de Martine Aubry, et de Jean-Vincent Placé, n°2 d'EELV.@ MAXPPP
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Les discussions seront nombreuses entre écologistes et socialistes lors des journées d’été d’EELV.

Il n’y aura pas que des écologistes de jeudi à samedi à Clermont-Ferrand. Car parmi les militants et sympathisants de la cause environnementale, réunis pour les journées d’été d’Europe Ecologie-Les Verts, se glisseront un certain nombre de camarades socialistes. Le fait n’a rien inhabituel, mais à quelques mois d’échéances gouvernementales cruciales, les législatives et la présidentielle, les relations entre les deux principaux partis de gauche revêtent évidemment une importance toute particulière.

"On a une année électorale particulièrement dense qui rend l’action pour le rassemblement de la gauche particulièrement importante", confirme Christophe Borgel, secrétaire national PS chargé des élections, joint par Europe1.fr, et qui a fait le déplacement en Auvergne. A Clermont-Ferrand, il s’agira d’abord de tenter de gommer les divergences pour rendre envisageable la perspective d’un accord. "Il y a un enjeu d’affichage de convergences potentielles", confie l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot à Europe1.fr. "Mais il reste des divergences, sur le nucléaire par exemple, qui restent à surmonter pour qu’il y ait un accord. Pas pour qu’on soit pareil, mais pour qu’il y ait un accord programmatique."

"On ne veut pas interférer dans la primaire socialiste"

Pour autant, ces journées d’été ne devraient pas être un moment décisif dans les discussions. "Nous avons organisé un dialogue sur le fond depuis plusieurs mois déjà", rappelle Christophe Borgel "Ce n’est pas dans ces journées d’été que le dialogue s’organise. Ce sont plus des temps de rencontres où l’on se rend pour participer à des débats ou à des rencontres plus formelles." "Evidemment, 2012 est dans la tête des uns et des autres. Mais ce n’est pas un lieu de négociation", abonde Yannick Jadot.

Les six candidats à la primaire socialiste considèrent tout de même que le rendez-vous est suffisamment important pour envoyer des représentants. Mais aucun des candidats à la candidature ne sera présent à Clermont-Ferrand. "On ne veut pas interférer dans la primaire socialiste. Ça aurait été très compliqué d’inviter les six candidats. Ils ont leur primaire, ils ont des candidats, notre rôle n’est pas de mettre en scène leur débat interne", précise Yannick Jadot.

Europe-Ecologie-les Verts a tout  de même tenu à ménager les susceptibilités. En plus des intervenants dans les débats, dont le soutien à tel ou tel candidat est connu, il a donc fallu inviter des partisans des candidats non représentés."Il fallait équilibrer en ayant des délégations de tout le monde", poursuit l’eurodéputé. Laurence Rossignol ou Christophe Borgel, soutiens déclarés Aubry, seront ainsi de la partie. Ils côtoieront notamment Géraud Guibert, un proche de Montebourg, et d’autres. "Il est fort possible qu'on passe. Nous aussi, on a besoin de discuter avec eux", disait Stéphane Le Foll, porte-parole de François Hollande, au jdd.fr avant les journées d’été écologistes. "On est en train de caler tout ça avec la direction du PS", précisait de son côté Guillaume Garot, porte-parole de Ségolène Royal.

"Pas le supplément d’âme écolo du PS"

Reste, enfin, l’écueil souvent ultime entre écologistes et socialistes, à savoir l’hégémonie que revendique souvent le PS dans une future majorité, qui ne devrait pas manquer de pimenter les discussions à Clermont-Ferrand. "L’action menée par Aubry ces dernières années a permis que nos partenaires reconnaissent que le reproche qu’ils faisaient au PS d’une certain culture hégémonique avait un peu disparu", tempère Christophe Borgel. "Il y a un travail en commun qui produit ses fruits. Les Verts reconnaissent que depuis trois ans, il y a un travail de rassemblement de bonne facture qui a été conduit."

Mais en face, on se montre d’autant moins confiant qu’aux journées d’été, les écologistes sont en position de force. "Il y a une volonté affichée que ça change", reconnaît Yannick Jadot. "Maintenant, on voit dans certaines régions, des situations difficiles de cogestion. Il faut toujours leur rappeler, y compris dans la négociation, qu’on porte un projet spécifique, et qu’on n’a pas vocation à être simplement le supplément d’âme écolo des socialistes."