Et si les TER étaient remplacés par des cars ?

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Et si les TER étaient remplacés par des cars ?
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C’est une des propositions de la Cour des comptes qui a pointé du doigt cette semaine le coût des Trains express régionaux.

Depuis le 1er janvier 2002, ce sont les Régions qui gèrent les TER ou Trains express régionaux. Un transfert de compétence dont la Cour des comptes a tiré un "bilan contrasté" dans un rapport publié mercredi. Trop vides, trop coûteux, trop polluants : pour le rapporteur sur ce dossier, Christian Descheemaeker, ces trains sont loin de n’avoir que des avantages. Entre 1996 et 2007, les charges les concernant ont bondi de 40%. D’où l’idée de remplacer les TER par des autocars.

"Les Français aiment des trains, c’est bien. Ils les aiment à cause de leurs jouets, à cause du cinéma. Mais s’ils ne les prennent pas, ça ne marchera pas. Un autocar ou une micheline, c’est pareil", a fait remarquer sur Europe 1 Christian Descheemaeker. Son argumentaire est aussi écologique : "les trains, ce n’est pas si propre que ça. 55% de l’énergie consommée par les TER n’est pas d’origine électrique", rappelle le rapporteur pour la Cour des comptes.

Pour faire des économies, la Cour des comptes propose ainsi de supprimer 7.800 kilomètres de lignes de TER, celles qui sont les moins fréquentées sur l’ensemble de la France, pour les remplacer par des lignes d’autocars. Une mutation qui pourrait permettre de réduire de 30% les émissions de gaz à effet de serre. "J'accepte l'idée, et nous l'avons fait en Rhône-Alpes, que sur certaines liaisons et à certaines heures, on fasse circuler des cars à la place des trains", a réagi Bernard Soulage, vice-président socialiste de la région Rhône-Alpes.

Reste que depuis le transfert aux régions, les TER ont fait de gros progrès en termes de qualité de service pour les usagers. Autre avantage : les voyageurs, notamment ceux qui disposent d’abonnements pour aller travailler par exemple, bénéficient de billets à prix très bas. La fédération CGT des cheminots et Sud-Rail ont critiqué jeudi "le bilan partial" dressé par la Cour des comptes, parlant de "manipulations politiciennes". Le secrétaire d'Etat chargé des Transports, Dominique Bussereau, a lui-même jugé "particulièrement sévère" le rapport de la Cour des comptes.