Et pourquoi pas un remaniement ?

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Et pourquoi pas un remaniement ?
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ANALYSE - L'hypothèse est rejetée par l'Elysée. Pour le moment.

Facile et traditionnel. Comment sortir du bourbier Cahuzac? François Hollande a annoncé mercredi trois mesures pour moraliser la vie publique. Au football, en cas de méforme, on change l’entraîneur avant les joueurs. En politique, c’est l’inverse. L’affaire Cahuzac a relancé  l’hypothèse d’un remaniement du gouvernement, et les appétits s’aiguisent. "Après le sursaut moral, salutaire, ce sera le sursaut politique. C'est un grand classique. Du Mitterrand dans le texte!", explique un député influent dans Le Figaro, avant de se dire persuadé que François Hollande remaniera dans "les 15 jours, un mois". "Il faudra bien sûr se poser la question - peut être pas à chaud, là maintenant - d'une autre donne", a estimé de son côté Anne Hidalgo, candidate socialiste à la mairie de Paris.

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Ségolène Royal et Martine Aubry lors de l'université de 2009

© REUTERS

Le règne de la rumeur. Mercredi soir, un ministre confiait à Europe 1 que l’hypothèse est "imaginable". Un autre assure quant à lui que ce sont les prétendants qui font monter la sauce pour servir leurs intérêts. Certains veulent prendre du grade, d’autres entrer dans l’équipe, tout simplement. On pense ici à Martine Aubry, Ségolène Royal, Alain Rousset ou encore Bertrand Delanoë. «Un remaniement? Ça n'est pas impensable. Le président de la République peut être tenté de mesurer dans les prochaines 72 heures les conséquences de l'affaire Cahuzac et d'en tirer les conclusions», décrypte un ministre dans Le Figaro.

Matignon tient bon. Contesté par nombre de ses collègues de la majorité, Jean-Marc Ayrault entend bien tenir encore quelque temps la barre du gouvernement. L‘Elysée se veut rassurant : aucun remaniement n’est à l’ordre du jour. Un conseiller du palais est convaincu que "céder sous la pression de la droite et des médias affaiblirait encore plus le président, et puis Jean-Marc Ayrault n’a pas encore fait son temps". Le Premier ministre a gagné du répit. Encore que…

"Ce qui est dans la tête de François Hollande…" Le président est parfois insaisissable, même pour ses plus proches collaborateurs. Très ferme dans sa gestion de la crise Cahuzac, mais "inquiet" de la situation, le président pourrait être tenté, plus tard, de lancer un grand jeu de chaises musicales gouvernementales. Plus tard, mais quand ? "Le président déteste agir sous la contrainte des évènements. Il est passé maître dans la gestion du temps mais aussi…l’art du secret", élude un de ses amis auprès d'Europe 1. Et ce proche de conclure, sibyllin : "ce qui est dans la tête de François Hollande reste dans la tête de François Hollande…."