Eric Woerth : "Je pense encore que la droite peut vivre ensemble"

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Alors que Les Républicains sont en proie à une crise de ligne idéologique, Eric Woerth, lui, estime qu'ils peuvent rester soudés à condition de débattre.

INTERVIEW

Eric Woerth n'a pas caché sa surprise, dimanche matin, en prenant connaissance de l'interview de son "ami" Xavier Bertrand dans le JDD. Le président de la région Hauts-de-France tire en effet à boulets rouges sur sa famille politique, évoquant notamment une "fracture terrible". "En réalité, il n'y a plus grand chose en commun entre nous. Nous continuons à vivre ensemble, mais ça fait bien longtemps qu'on ne s'aime plus. Et on a peut-être plus grand-chose à faire ensemble", a dégainé Xavier Bertrand.

"Nous sommes fracturés" mais… "Sur son diagnostic de la droite, on ne peut pas dire qu'il ait complètement tort. Bien sûr que nous sommes fracturés, on ne va pas employer de langue de bois. Mais on l'a toujours été, on a toujours été divisés sur un certain nombre de lignes idéologiques. Sauf que quand on est dans la majorité, c'est plus facile à gérer que quand on est dans l'opposition et qu'on a perdu élections sur élections. Ces défaites sont des révélateurs", rétorque Eric Woerth dans Le Grand Rendez-vous d'Europe 1, en partenariat avec Les Echos et CNews.

Pour le député LR de l'Oise, avant de désigner le futur président du parti, "il faut d'abord s'occuper d'éclaircir nos pensées et voir comment on peut vivre ensemble (…) L'UMP avait vocation à réunir toutes ces lignes politiques, des centristes aux franges de l'extrême-droite. Avant de se lancer dans un débat d'hommes, il faut discuter de ce que nous sommes", insiste-t-il.


"On peut vivre ensemble". Pour Eric Woerth, ces différentes lignes idéologiques auraient pu continuer à cohabiter au sein du groupe parlementaire des Républicains. Il critique ainsi à demi-mot la démarche de Thierry Solère et Franck Riester notamment, qui ont fait scission en lançant cette semaine les Constructifs. "Je pense encore qu'on peut vivre ensemble", affirme l'élu, qui se décrit comme "un unioniste". "C'est toujours très compliqué l'union. C'est tellement plus simple de créer sa propre petite chapelle plutôt que de construire une grande cathédrale. Aujourd'hui, il y a un vrai risque de s'isoler dans ces petites chapelles qui sont autant de petites lignes politiques", analyse-t-il.

"La primaire a un peu radicalisé la droite". Dans son interview au JDD, Xavier Bertrand accuse sans détour Laurent Wauquiez de "courir après l'extrême-droite". Un "procès" que ne supporte visiblement plus Eric Woerth, qui maintient : "Personne n'a envie de courir derrière le Front national. (…) On doit parler aux électeurs du Front national pour qu'ils reviennent vers nous". Le président de la région Hauts-de-France dénonce également une "radicalisation" de la droite depuis 2012. Une analyse que partage en partie l'élu de l'Oise. "Je pense que la primaire, c'est vrai, a radicalisé un peu la droite. Cette droitisation pouvait être bien pour un certain nombre, et insupportable pour d'autres qui sont plutôt centre-droit", convient-il.