Eric Besson, le ministre le plus détesté par la majorité ?

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Eric Besson, le ministre le plus détesté par la majorité ?
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Débat sur l’identité nationale, reconduite d’Afghans dans leur pays : les critiques commencent à monter au sein de la majorité.

Il est sifflé depuis les rangs de l’opposition chaque fois qu’il prend la parole à l’Assemblée nationale. Mais c’est désormais au sein même de la majorité que les critiques commencent à s’élever contre Eric Besson, "le ministre le plus détesté de France" selon l’hebdomadaire Marianne.

Intégré à l’UMP en début d’année, il reste un des piliers de la stratégie d’ouverture voulue par Nicolas Sarkozy. Mais du débat sur l’identité nationale au renvoi d’Afghans dans leur pays, le ministre de l’Immigration et de l’Intégration se retrouve souvent en première ligne sur des dossiers explosifs. Au point d’en faire trop ?

"C’est dérangeant de constater qu’il a un discours plus droitier que la moyenne des députés UMP", explique le député UMP François Goulard. "Il ne faut pas se tromper de combat", prévient sa collègue Marie-Anne Montchamp.

Coup sur coup, Nicolas Sarkozy puis François Fillon ont jugé nécessaire de venir en aide à Eric Besson mardi. Le président de la République lui a apporté un "soutien très appuyé", lors du petit-déjeuner hebdomadaire de la majorité à l'Elysée. "J'apporte tout mon soutien à Eric Besson", le ministre de l'Immigration, "qui est dans le collimateur de la gauche en ce moment", a renchéri le premier ministre lors de la réunion, à huis clos, du groupe UMP à l'Assemblée nationale.

Eric Besson, lui, fait parfois le dos rond mais il affiche aussi sa détermination. A propos de la reconduite dans leur pays d’Afghans, le ministre de l’Immigration a reconnu mardi soir sur Europe 1 : "Est-ce que ça me fait plaisir ? La réponse est non. Est-ce que ça me crée des tourments, des interrogations ? La réponse est oui. Bien sûr que j’y pense tout le temps". Sans toutefois faire marche arrière sur le fond.

Interrogé sur les critiques dont il fait l’objet, Eric Besson ajoute : "Ça ne fait pas plaisir à ma mère, à mes enfants, qui en sont très affectés. Moi, je me suis un peu endurci le cuir. C’est une tâche noble que la mienne. Je tiendrai, je maintiendrai, comme disait Guillaume d’Orange".