Entre volte-face et surenchères, Sarkozy grignote sur Juppé

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L’ancien président n’hésite pas à se renier pour remporter la primaire des Républicains. Son objectif : reconquérir les électeurs partis au Front national.

L'ÉDITO POLITIQUE

"Pour l’heure, la primaire organisée par Les Républicains se résume à une course-poursuite entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. L’ancien président de la République semble prêt à tout pour refaire son retard. Il n’hésite plus à surenchérir sur tous les sujets, quitte à dire aujourd’hui l’inverse de ce qu’il disait hier. Dernier exemple en date, mercredi soir : "l’homme ne serait pas le seul responsable du changement climatique", a-t-il lancé devant l’Institut de l’entreprise. Le même Nicolas Sarkozy en 2008 concluait le Grenelle de l’environnement ainsi : "Nous avons dépassé les limites de ce que notre planète peut supporter, nous devons mettre en œuvre un nouveau modèle de développement".

"Rase-gratis". Autre exemple : le droit du sol. Entre les deux tours de la présidentielle en 2012 : "Je suis pour le droit du sol. Nous le garderons. J’ai été tout à fait constant sur cette position, même quand cela peut nous poser des problèmes. Le droit du sol, c’est la France", disait-il. Aujourd’hui, plus de principe intangible : "Je suis pour des aménagements du droit du sol". Voilà pour les volte-face… Sans parler de la surenchère sécuritaire, au mépris des traités internationaux, ou du "rase-gratis" sur les baisses d’impôt, quitte à laisser filer les déficits. On verra plus tard pour régler la facture…

Bientôt à égalité ? Et si l’on en croit les sondages, ça marche ! L’écart se resserre et c’est tendanciel, sondage après sondage. Selon nos informations, une nouvelle étude va bientôt donner Alain Juppé et Nicolas Sarkozy à égalité. Les courbes se rapprochent, elles peuvent même se croiser. Nicolas Sarkozy, c’est une bête de campagne, il en a l’expérience, et l’émission politique de France 2 jeudi soir, doit lui permettre de provoquer la bascule. C’est un moment important.

La chasse aux électeurs FN. Et pour en revenir à sa stratégie, qualifiée de "surenchère" ou d’"outrance" par ses concurrents, il ne la conduit pas au hasard. Qu’a-t-il retenu des élections départementales et régionales ? Que l’effondrement de la gauche a d’avantage bénéficié au FN qu’à la droite. Ce sont ces électeurs qu’il veut reconquérir, c’est là selon lui qu’il y a des réserves de voix pour 2017. Il y a un risque, c’est que cette fuite en avant, au lieu de convaincre les électeurs de revenir vers lui, décomplexent les gens pour aller voter Front national. Qu’ils choisissent, en gros, l’original, le FN, plutôt que la copie, Nicolas Sarkozy."