Enfants réunionnais exilés : la "responsabilité morale" de l'Etat reconnue

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Enfants réunionnais exilés : la "responsabilité morale" de l'Etat reconnue
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JUSTICE - Les députés ont reconnu mardi la "responsabilité morale" de l'Etat dans la migration forcée de plus de 1.600 enfants.

L'info. L'Assemblée nationale a reconnu mardi la "responsabilité morale" de l'Etat dans la migration forcée de plus de 1.600 enfants réunionnais vers des départements ruraux dans l'Hexagone dans les années 60 et 70.

Présentée par le groupe socialiste, cette résolution symbolique et mémorielle, relative aux "enfants placés en métropole", a été adoptée par 125 voix contre 14. Toute la gauche (PS, Écologistes, PRG, Front de gauche et divers gauche) a voté pour, l'UMP contre, tandis que l'UDI n'a pas pris part au vote.

Le gouvernement, représenté par les ministres Victorin Lurel (Outre-mer) et Dominique Bertinotti (Famille), a apporté son "soutien sans réserve" à ce texte pour "tourner la page de cette double faute et de cette double peine".

L'affaire. Entre 1963 et 1982, plus de 1.600 enfants réunionnais, reconnus pupilles de l'Etat souvent sans le réel consentement de leurs parents, ont été transférés dans 64 départements et placés en foyers, familles d'accueil ou familles adoptives. C'était un des volets de l'action du Bumidom, le Bureau pour le développement des migrations dans les départements d'outre-mer. Créé en 1963, cet organisme d'État voulu par Michel Debré, alors député gaulliste de la Réunion, justifiait cette migration forcée par la démographie galopante sur l'ile, tandis qu'elle flanchait sérieusement dans le centre de la France.

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