Énervés par une attaque personnelle, des députés quittent l'hémicycle

  • A
  • A
Énervés par une attaque personnelle, des députés quittent l'hémicycle
Le patron des députés LR Christian Jacob a demandé des sanctions disciplinaires contre l'élu LREM. @ Philippe LOPEZ / AFP
Partagez sur :

Un député LREM a raillé le LR Julien Aubert sur l'insuffisance supposée de son travail parlementaire, l'accusant d'être "trop occupé à de futures échéances électorales". 

Les députés LR, puis d'autres partis, ont quitté mercredi l'hémicycle de l'Assemblée nationale avant la fin de la séance de questions au gouvernement pour protester contre une critique d'un élu LREM visant un député LR Julien Aubert.

Avant d'interroger le ministre de l'Agriculture sur les importations de cerises en provenance de Turquie en lien avec l'interdiction de l'insecticide diméthoate, Adrien Morenas (LREM, Vaucluse) a lâché : "J'aurais aimé y associer mon collègue Julien Aubert (élu LR, également du Vaucluse), absent ce jour, car trop occupé à de futures échéances électorales pour se soucier de ce problème".

L'UDI et le RN partent également. Il a affiché un sourire après sa formule, tandis que les LR, furieux, se levaient progressivement pour quitter l'hémicycle. Plusieurs UDI-Agir-Indépendants sont également partis. Les élus RN présents ont aussi pris le chemin de la sortie.



Depuis le perchoir, le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy a alors invité les députés à poser leurs questions "sans interpeller un collègue qui n'a pas la possibilité de répondre" mais aussi à "faire preuve de calme". Prenant à son tour la parole, le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a glissé, dans un sourire, que "Monsieur Aubert étant revenu", il pouvait répondre à la question. Le député LR du Vaucluse venait de faire un retour remarqué sur son banc, dépeuplé.

"Les rois du buzz! La droite et le FN s'indignent que Julien Aubert soit interpellé pendant les QAG et quittent l'hémicycle. Puis il revient seul assister au reste de la séance. Quel spectacle pour notre démocratie!", a épinglé Matthieu Orphelin (LREM).



LR demande une sanction disciplinaire. Avant les explications de vote sur la réforme ferroviaire, le chef de file LR Christian Jacob a fait un rappel au règlement pour déplorer une "mise en cause personnelle" d'un élu de son groupe et demander que le bureau de l'Assemblée étudie "une sanction disciplinaire" de l'élu LREM lors de sa prochaine réunion. "Nous pourrons examiner toute question en bureau", a répondu le président de l'Assemblée, soulignant avoir réagi dès la fin de la question ayant ciblé Julien Aubert en rappelant "clairement que les députés qui posaient les questions au gouvernement n'avaient pas à interpeller d'autres députés, qu'ils soient là ou pas".



Julien Aubert a riposté ensuite à une "provocation politicienne", lançant dans un communiqué qu'"Adrien Morenas ridiculise le Vaucluse à Paris", avec "un comparatif de leurs participations respectives" en commission et dans l'hémicycle sur la base du site nosdéputés.fr.