Corse : y a-t-il une "défaillance profonde de l'Etat" ?

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Corse : y a-t-il une "défaillance profonde de l'Etat" ?
Alexandre Devecchio, journaliste au Figaro Vox
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DÉBORDEMENTS - Invité sur Europe 1 lundi, Alexandre Devecchio, journaliste au Figaro Vox, a fustigé la passivité des pouvoirs publics après les manifestations qui ont dégénéré en Corse.

INTERVIEW

Depuis cinq jours, la Corse est sous tension. Après l'agression de pompiers et de policiers dans la nuit du 24 au 25 décembre, des manifestations de soutien aux victimes ont dégénéré. Plusieurs participants à ces défilés ont en effet tenu des propos racistes et une salle de prières musulmane a été saccagée. Pour Alexandre Devecchio, invité lundi sur Europe 1, la situation s'est envenimée à cause d'une "défaillance profonde de l'Etat", qui n'est pas spécifique à l'île de Beauté.

Des territoires à l'abandon. "On a des territoires français en sécession, en voie de désintégration, confrontés à des problèmes d'insécurité et de radicalisation", a estimé le journaliste au Figaro Vox au micro du Grand direct de l'actu. Selon lui, les débordements témoignent du ras-le-bol des populations locales, décidées à se faire justice elles-mêmes car elles n'ont pas confiance en l'Etat pour le faire. "Aujourd'hui, on a le sentiment que les gens qui ont caillassé ce camion de pompier seront remis en liberté tout de suite ou ne seront pas arrêtés", a-t-il regretté.

"Plus de fermeté". Dans ce contexte, Alexandre Devecchio ne voit pas d'autre solution qu'une réponse répressive de la part du gouvernement. "La Corse est un laboratoire de ce qui pourrait se passer [ailleurs] en France plus tard", a-t-il averti. "Ce problème se résout par plus de fermeté au niveau de la justice. Il faut plus de moyens de police et se poser la question de la réforme pénale."

Pour une police de proximité. Des arguments balayés par Hugo Baillet, secrétaire général adjoint du parti socialiste, également invité du Grand direct de l'actu. Rappelant que "la réforme pénale n'est pas encore en application", ce dernier a plutôt prôné pour une police de proximité. "Il faut se reposer la question de la prévention, recréer du dialogue entre les habitants et les forces de l'ordre."