En Bretagne, Marine Le Pen capitalise sur la peur des migrants

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La candidate frontiste, en déplacement dans les Cotes-d'Armor, a ciblé l'immigration comme principale cause de l'insécurité. 

Marine Le Pen poursuit sa campagne en Bretagne, où elle a voulu rendre hommage aux agriculteurs. La candidate du Front National s'exprimait hier devant la FNSEA à Brest, comme la plupart des autres candidats. Elle a ensuite visité une exploitation porcine dans le village de Pordic, près de Saint-Brieuc, avant de tenir un meeting en soirée dans une ferme du Morbihan. La fille de Jean-Marie Le Pen y a largement développé sa stratégie de la peur.

Immigration et insécurité. Sous un hangar, au milieu des ballots de pailles, Marine Le Pen veut frapper les esprits dans une région où elle a du mal à s’implanter. "La Bretagne est frappée par un nouveau fléau, je veux parler de la délinquance. L’arrivée des migrants n’y est pas pour rien", a-t-elle soutenu. Liant immigration et insécurité, la candidate renoue avec les fondamentaux du FN pour tenter de convaincre.

Et rien de tel qu’une série de faits divers pour susciter la peur. "Dans Le Morbihan, l’année dernière, c’est l’agression sexuelle d’une femme de 67 ans par un jeune migrant venu de Calais qui a choqué l’opinion. Trois Roumains ont été condamné à Lorient pour une série de braquages dans dix-neuf entreprises", énumère-t-elle.


"La France aux Français !". L’effet est spectaculaire, dans le public, les gens ne se posent aucune question. "La France aux Français !", lâche un spectateur. "Ils [les migrants, ndlr] arrivent de partout. Eux, on leur donne tout, et nous on n'a le droit à rien", s’insurge une femme au micro d’Europe 1. Le discours de Marine Le Pen infuse, pénètre cette France rurale qui pourrait bien faire basculer l’élection.