En Allemagne, "on ne regarde pas le communisme comme une alternance"

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Pour Karin Finkenzeller, correspondante allemande de l'hebdomadaire Wirtschaftswoche en France, la lutte des classes occupe une place centrale dans la campagne présidentielle, ce qui est difficilement compréhensible pour nos voisins allemands.

INTERVIEW

La campagne présidentielle passionne aussi outre-Rhin. Pour nos voisins allemands, la lutte des classes à la française reste un sujet d’étonnement, comme le relève au micro d’Europe 1 Karin Finkenzeller, correspondant à Paris pour le Wirtschaftswoche.

La lutte des classes comme thème de campagne. "Ce qui est frappant, et pas seulement ces dernières semaines mais depuis des années que j’habite en France, c’est que j’ai l’impression que l’on aime cultiver la différence des classes en France", pointe la journaliste, évoquant le grand nombre de candidats qui "prétendent représenter la classe ouvrière".

"Condescendance et manque de respect". "En Allemagne, on n’a pas de si grandes différences dans la société, peut-être parce que nous n’avons pas cette tradition de regarder le communisme comme une alternative. Pour nous, il est le représentant d’une dictature. On ne peut pas jouer avec ça. Ce que je vois en France, c’est qu’on ne se rencontre pas d’égal à égal mais entre patronat et employés, avec condescendance et manque de respect", avance Karin Finkenzeller.

"Tous les onze candidats ne sont pas connus en Allemagne", souligne encore la correspondante. "C’est peut-être notre côté austère", plaisante-t-elle, "on aime se concentrer sur les candidats les plus importants : François Fillon, Emmanuel Macron, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon".