Emplois fictifs : la mairie se défend

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Emplois fictifs : la mairie se défend
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La ville de Paris dit ne pas avoir demandé d'arrangement à Jacques Chirac. Delanoë se veut "juste".

Qui a proposé un accord pour mettre fin au procès des emplois fictifs à la mairie de Paris, procès dans lequel Jacques Chirac est mis en cause ? L'avocat de la ville de Paris, Jean-Pierre Mignard, a donné samedi un début de réponse, en assurant dans le quotidien Libérationn’avoir pris "aucune initiative" : il a "répondu à une demande".

L'ex-maire de Paris, Jacques Chirac, doit comparaître en correctionnelle pour les chefs d'accusation de "détournements de fonds publics" et "abus de confiance" pour 21 emplois de complaisance présumés payés entre 1992 et 1995.

Selon un protocole d'accord convenu entre l’ancien président, l'UMP et la Ville de Paris, révélé par Le Canard enchaîné et confirmé par la mairie, la facture des emplois fictifs sera remboursée aux trois quarts par le parti majoritaire (en tant que successeur du RPR) et pour un quart par l'ancien président.

"Nous n'avons pris aucune initiative"

"Ce protocole n'a pas été négocié car il n'était pas négociable. La seule négociation a porté sur les modalités de remboursement", a déclaré l'avocat de la ville de Paris. Sur ce sujet, "nous n'avons pris aucune initiative. Nous avons répondu à une demande en vérifiant qu'elle pouvait être conforme aux intérêts patrimoniaux de la ville" de Paris, a-t-il ajouté.

"Je suis dans la situation où il ne faut pas confondre justice et vengeance", a commenté le maire de Paris Bertrand Delanoë en marge de l'université d'été du PS à La Rochelle. "Je me contente d'être rigoureux, juste, et de défendre les intérêts financiers et moraux des Parisiens. Je n'ai pas à me transformer en leader d'inquisition", a-t-il ajouté, en allusion aux accusations de l'eurodéputée et ex-juge Eva Joly, qui a qualifié jeudi de "très grave" ce protocole d'accord, le qualifiant de "faute politique". Autre personnalité politique à s'être positionnée contre cet accord, Arnaud Montebourg. "Il ne faut jamais accepter l'idée qu'on puisse acheter un forme d'impunité", a-t-il lancé à La Rochelle.

Mercredi, le secrétaire général de l’UMP Xavier Bertrand avait pourtant nié l’existence d’un tel accord. Cette proposition, qui permet d’éviter un procès, pourrait donc émaner de Jacques Chirac. Jeudi, son avocat avait d’ailleurs dit que son client avait lui-même "souhaité que soit mis fin au litige civil et que la Ville de Paris soit remboursée purement et simplement des montants litigieux".

L’UMP rechigne à payer pour le RPR

Impliqué dans une affaire qui remonte au RPR, le parti majoritaire essaye de prendre ses distances avec ce procès. Le député des Alpes-Maritimes Lionel Luca a ainsi demandé que les militants aient leur mot à dire, dans le cas d’un versement de l’UMP à la mairie de Paris.

Selon l'accord, la Ville, qui ainsi renoncera à être partie civile au procès, récupérera au total 2,2 millions d'euros, dont 1,65 million versé par l'UMP et 550.000 euros par l'ancien président de la République. Pour Jacques Chirac, c’est surtout un procès de moins à endurer.

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