Emplois fictifs : Chirac sera jugé en son absence

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Emplois fictifs : Chirac sera jugé en son absence
En l'absence de Jacques Chirac, ce sont ses avocats, dont Me Kiejman, qui le représenteront pendant les deux semaines que durera le procès.@ CAPTURE D'ECRAN I-TELE
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Le tribunal a autorisé que l'ancien président soit représenté par ses avocats au procès des emplois fictifs.

"La comparution personnelle ne sera pas ordonnée", a tranché Dominique Pauthe, le président de la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris, qui juge à partir de lundi Jacques Chirac et neuf autres prévenus dans l'affaire des emplois fictifs de la ville de Paris.

Georges Kiejman, l'un des avocats de l'ancien chef de l'Etat, a déploré son absence, tout en la respectant. "A titre personnel, je souligne que pour la défense, ce sera un gros handicap de ne pas pouvoir compter sur lui", a-t-il expliqué à Europe 1, au sortir de la première journée d'audience. "Il aurait été son meilleur avocat en raison de sa stature, de l'autorité qui est la sienne", a justifié Me Kiejman.

Un rapport médical publié en fin de semaine, et transmis par ses avocats à la cour, montre la "vulnérabilité" de Jacques Chirac, diminué par une anosognosie, une maladie qui fait partie des symptômes de la maladie d'Alzheimer.

Juger l'ancien chef de l'Etat en son absence était l'une des trois possibilités de la cour, qui aurait aussi pu attendre la guérison de Jacques Chirac, ou demander une contre-expertise. Il sera représenté par ses avocats dans ce procès qui se tiendra jusqu'au 23 septembre.

Anticor pas encore partie civile

Dès le premier jour d'audience, ces derniers sont passés à l'offensive en contestant la présence de l'association anticorruption Anticor et de plusieurs particuliers en tant que partie civile.

Le tribunal a autorisé Anticor à participer au procès. Mais il a reporté jusqu'à l'issue du procès sa décision sur son droit de se porter partie civile, liant "l'incident au fond". Si Anticor ne pouvait être partie civile, l'association ne pourrait prétendre à des dommages et intérêts. Elle peut, en attendant, porter la contradiction face à la défense.

La ville de Paris, principale victime, est absente. Elle a renoncé à se porter partie civile suite à un accord d'indemnisation de 2,2 millions d'euros conclu en septembre 2010 avec l'UMP et Jacques Chirac.