Emmanuel Macron, une victoire "large et fragile" pour la presse

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Emmanuel Macron, une victoire "large et fragile" pour la presse
"La France qui ose", "La victoire en marchant", mais un président "à la fois très bien et très mal élu"@ Patrick KOVARIK / AFP
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Si "Les Échos" et "Libération" ne cachent pas leur satisfaction face à "La France qui ose", "Le Figaro" et "La Croix" restent plus mesurés et évoquent un vote non pas d'adhésion, mais de barrage.

La presse de lundi se montre à la fois soulagée, admirative et exigeante au lendemain de la victoire présidentielle, "large et fragile" à la fois, d'Emmanuel Macron.

"Bien joué", "bien fait". Titre enjoué en manchette du quotidien économique Les Échos qui salue "La France qui ose". "Il y a longtemps que l'on n'avait pas accolé ces deux mots. La France sourit. Avec Emmanuel Macron, élu très largement dimanche à 65,8 %des voix, la France grondeuse a conjuré la fatalité populiste qui semblait gagner le monde occidental. Macron, ou l'anti-Trump", se félicite Cécile Cornudet dans le quotidien économique.

Libération ne cache pas non plus sa satisfaction en saluant la victoire de l'ancien ministre de l'Économie d'un "Bien joué". À l'opposé du portrait de Une du nouveau président, la quatrième de couverture est barrée d'un "Bien fait" adressé à Marine Le Pen. "Dans l'ultime bataille, la République l'emporte. Ébranlée, fissurée, bousculée par un parti de l'intolérance qui a réuni jusqu'à 42% des intentions de vote durant la campagne, la France vient de signifier aux xénophobes - même s'ils restent forts, menaçants, actifs - qu'elle ne voulait pas d'eux", écrit avec soulagement Laurent Joffrin, le directeur de Libé

Un président "très bien et très mal élu". Plus sobre, Le Figaro évoque "La victoire en marchant" du nouveau locataire de l'Élysée. Dans son éditorial, Alexis Brézet nuance fortement l'ampleur du succès d'Emmanuel Macron. "Ne nous y trompons pas : la France de Macron, cette France positive, dynamique, réformatrice, ouverte à l'Europe comme au vent du large existe bel et bien - et c'est heureux. Mais elle ne représente qu'un quart des Français. Deux autres quarts (les lepénistes et les mélenchonistes auxquels on pourrait ajouter les partisans de Hamon) sont radicalement hostiles aux valeurs qu'elle incarne."

"Quoi qu'il arrive, Emmanuel Macron ne devra jamais oublier qu'il a été à la fois très bien et très mal élu", insiste Guillaume Goubert dans La Croix. "Très bien car il a bénéficié d'un des scores les plus élevés de la Vème République. Très mal parce que de nombreux citoyens ont voté en sa faveur non par adhésion, mais uniquement pour écarter la menace du Front national", ajoute l'éditorialiste du quotidien catholique qui titre sur "une victoire large et fragile".