Emmanuel Macron, entre colère et détermination

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Emmanuel Macron, entre colère et détermination
@ Reuters
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RIPOSTE - Le ministre de l'Economie est très remonté contre ceux qui, à gauche, ont obligé le gouvernement à faire passer sa loi en force.

L'INFO. Examen de passage réussi pour les uns, camouflet politique pour les autres. L'utilisation du 49-3 par le gouvernement pour faire passer la loi Macron a profondément divisé la classe politique. A gauche, certains reprochent au ministre de l'Economie de ne pas avoir été suffisamment à l'écoute. Ce dernier leur a répondu avec fermeté, fustigeant leur immobilisme et dénonçant des combines politico-politiciennes.

Critiqué sur sa gauche, soutenu par les Français. "Je pense que ce texte a été pris en otage ou, en tout cas, qu'il a été pris dans des logiques politiciennes, indépendamment du travail du fond qui avait été accompli", a ainsi déploré Emmanuel Macron au Monde, vendredi. Pour sa première bataille parlementaire, le ministre a mouillé la chemise, défendant son texte pendant 26 jours et nuits d’affilée et débattant pendant près de 200 heures. Sa cote de popularité s'en ressent : il gagne six points dans le baromètre Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio. Mais chez nombre de socialistes, elle est en chute libre.

Christian Paul

© Europe 1

"Il est intelligent, charmant… et de droite". "Macron fait partie des artisans d’une OPA du libéralisme de gauche sur l’action gouvernementale. L’étape suivante, c’est le PS", tacle ainsi le député de la Nièvre Christian Paul (photo), figure des frondeurs, dans Paris Match. "Il est intelligent, charmant… et de droite. Il n’y a pas un gramme de socialisme dans ce qu’il raconte", a poursuivi Emmanuel Maurel, patron de l’aile gauche.
 
 Pas de quoi impressionner Emmanuel Macron, qui sait qu'il a le soutien de François Hollande et de Manuel Valls, ainsi que celui des Français. Après une petite pause au ski, il est donc revenu rasséréné, avec la ferme intention de régler ses comptes. Dans son viseur : les frondeurs, donc, mais aussi et surtout un ancien ministre, Benoît Hamon.

hamon

Feu sur Hamon ! "Le texte était sur la table depuis le 10 décembre. Il (Benoît Hamon, ndlr) avait mon numéro de téléphone et il a attendu le dernier week-end pour venir s’opposer sur un point (l’extension du travail dominical, ndlr). Ce n’est pas une démarche constructive", a-t-il commencé dans Paris Match, avant de porter le coup de grâce dans Le Monde. Selon lui, "qu'un ancien ministre, alors que beaucoup de dispositions de la loi consommation qu'il avait portées et qui n'avaient pu aboutir figurent dans ce texte, méconnaisse les avancées sociales, précisément sur la question de la compensation et justifie ainsi un vote contre le gouvernement, laisse à penser que l'on a perdu de vue la réalité des choses ou qu'on a perdu de la culture politique". Et le ministre de l'Economie de conclure : "il avait simplement besoin d'un prétexte pour installer son vote contre. Tout le reste n'est que littérature".

"Il y a la politique des fainéants". Si l'ancien ministre de l'Education est sorti du bois si violemment dans la dernière ligne droite de l'examen du texte, c'est, selon Emmanuel Macron, uniquement à des fins politiques. Et c'est au congrès du PS qu'il pense, et plus généralement à ce parti socialiste quelque peu déboussolé sur le sujet : "Sur cette position initiale du parti s'est greffé un foyer infectieux qui ne s'est pas éteint", a-t-il regretté dans le quotidien du soir.

Et le jeune locataire de Bercy d'enfoncer une dernière fois le clou en distinguant enfin deux politiques : "moi je fais la politique avec les artisans et les artisans, au sens fort du terme, ce sont ceux qui ont passé des jours et des nuits à travailler un texte au fond, qui savent ce qu’il y a dedans, qui peuvent en être fiers. Et il y a la politique des fainéants, qui consiste à regarder la surface de l’eau. On meurt de cela."

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