Embouteillage socialiste à Marseille

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Embouteillage socialiste à Marseille
Patrick Mennucci est le quatrième socialiste officiellement candidat à Marseille.@ MAXPPP
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Les candidats PS à la mairie pullulent dans la cité phocéenne. Désir en appelle à une primaire.

La Bonne mère ne sait plus où donner de la tête, quand elle regarde sur sa gauche. A deux ans des élections municipales, à Marseille comme dans le reste de la France, les candidats socialistes à la mairie de la cité phocéenne se ramassent déjà à la pelle. A tel point que Harlem Désir, futur premier secrétaire du PS, est monté au créneau lundi.

"Ma suggestion, c'est que nous sachions tirer les leçons du succès de ces formidables primaires citoyennes que nous avons organisées au plan national" pour la désignation du candidat socialiste à la présidentielle, a précisé le député européen sur iTélé. Le futur patron du PS espère ainsi éviter des débats trop violents entre les candidats à la candidature. Passage en revue des candidats plus ou moins déclarés.

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Patrick Mennucci. Il est le dernier en date à s’être déclaré. "La mairie de Marseille, j'en ai envie, j'ai donc envie d'être candidat à la mairie de Marseille. Je suis intellectuellement et politiquement prêt", confiait-il lundi au Point. Le député des Bouches-du-Rhône se prononce par ailleurs pour la tenue de primaires, seul dispositif à même selon lui de dépasser les dissensions de la fédération socialiste locale, minée par l’"affaire Guérini". "Aujourd'hui, le parti n'est pas en situation de désigner un candidat en son sein, il y a encore des problèmes", estime-t-il.

Patrick Mennucci cible aussi son principal adversaire. "Les forces obscures de Jean-Noël Guérini sont encore à la manoeuvre", estime l’élu. "Alors, évidemment, il ne veut pas de primaire, puisque, son rêve, c'est d'être le grand électeur de l'élection municipale. Mais le PS va s'en mêler", prévient-il.

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Marie-Arlette Carlotti. Elle est celle qui a fait tomber le baron local Renaud Muselier lors des dernières élections législatives. Marie-Arlette Carlotti jouit depuis d’une bonne réputation à Marseille. Et son nouveau statut de ministre, chargée des personnes handicapées, fait d’elle une candidate plus que crédible. Mais elle tergiverse. "Tous les gens qui font de la politique à Marseille ont envie d’être maire à Marseille", confiait-elle sur Europe 1 le 31 juillet dernier, mais en tempérant. "Ca m’est difficile de dire que je souhaite être maire de Marseille car je n’en suis pas sûre à 100%. Si j’ai un projet, si je suis soutenue, si j’arrive à balayer tous ceux que je dois balayer, et bien pourquoi pas."

Là encore, la référence à Jean-Noël Guérini est évidente. "Je veux battre Jean-Claude Gaudin parce que je veux une ville de gauche (…) et celui qui va m'en empêcher c'est Jean-Noël Guérini parce que c'est un boulet", précisait-elle d’ailleurs quelques minutes plus tard.

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Eugène Caselli. Peu connu du public, Eugène Caselli a décidé de partir tôt. C’est donc dès janvier 2012 que le président de Marseille Provence Métropole (MPM) avait fait part de ses envies. "Je pense que j’aurai ma place dans le débat entre l’ensemble des candidats potentiels, et puis nous verrons bien qui est le mieux placé", disait alors l’élu. Depuis, il se comporte comme un candidat à la candidature, acceptant notamment l’idée d’une primaire.





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Samia Ghali. Elle aussi souffre sans doute d’un certain manque de notoriété. Sa proposition, formulée fin août de faire intervenir l’armée dans les quartiers chauds aura eu le mérite de corriger ce défaut, mais elle a aussi agacé nombre de socialistes locaux. Mais la sénatrice n’en a cure, et la maire lui fait envie. "Je ne me suis pas construite sur une candidature à la mairie de Marseille. Mais ce n'est pas quelque chose que je balaye d'un revers de main. Une 'Samia Ghali' candidate à la mairie de Marseille, oui, ça voudrait peut-être dire quelque chose...", disait-elle début septembre dans L’Express

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Jean-Noël Guérini. En 2008, Jean-Noël Guérini avait manqué le siège de maire pour deux sièges à la mairie centrale. Le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône pensait bien que son heure viendrait en 2014. Mais l’affaire Guérini, mélange de soupçons de "prise illégale d’intérêts", de "trafic d’influence", et d’"associations de malfaiteurs", trois chefs pour lequel il est mis en examen, a plombé ses ambitions. Le baron local aura bien du mal à retrouver sa légitimité, même si son envie reste intacte.