Elections : l'impact des faits divers

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Elections : l'impact des faits divers
@ CAPTURE INA
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Retour sur ces faits divers qui ont bouleversé les élections présidentielles de la Ve République.

Suspension de la campagne, "représidentialisation" du chef de l'Etat-candidat, changement probable de ton...  Les assassinats de trois militaires puis de quatre personnes devant une école juive dans le Sud-Ouest ébranlent, depuis lundi, la campagne présidentielle où le thème de l'insécurité n'avait plus le retentissement des débats du scrutin de 2002, marqué par la percée du Front national.

Lors des scrutins précédents, d’autres faits divers ont déjà marqué la campagne présidentielle sous la Ve République. Mais jamais avec un tel impact.

Le drame d'Ouvéa

En 1988 d’abord. Le 5 mai, à trois jours du second tour de l'élection présidentielle, un assaut militaire avait été déclenché contre la grotte d'Ouvéa en Nouvelle-Calédonie où étaient retenus depuis le 22 avril 27 otages par des indépendantistes kanaks. Dix-neuf militants kanaks et deux militaires avaient alors été tués. François Mitterrand, qui avait donné son feu vert comme chef des armées, avait déploré le "bilan douloureux" de l'opération, tandis que Jacques Chirac adressait ses "chaleureuses félicitations" à l'armée. Selon les commentateurs de l’époque, le drame d'Ouvéa aurait contribué à la défaite de Jacques Chirac le 8 mai 1988.





La tuerie de Nanterre

La campagne de 2002, ensuite, avait été marquée par plusieurs faits divers.  Le 27 mars, à un mois du premier tour, alors que le conseil municipal de Nanterre dans les Hauts-de-Seine, achevait sa séance, Richard Durn, 33 ans, s’était levé parmi le public, avant de tirer méthodiquement avec un pistolet mitrailleur, tuant huit élus et blessant 22 personnes. L'homme, en échec social, avouait tout la nuit même aux policiers avant de se suicider en milieu de matinée en se jetant du 4e étage du quai des Orfèvres. En période de cohabitation, lLe président Jacques Chirac avait alors attribué une part de responsabilité au gouvernement de Lionel Jospin dans la violence et l'insécurité.





Papy Voise

Toujours en 2002, des incendies de synagogues quelques jours après la tuerie de Nanterre, puis le meurtre d'un policier au commissariat de Vannes, dans le Morbihan, avaient inscrit encore davantage les enjeux sécuritaires dans la campagne. Le 18 avril, enfin, à trois jours du premier tour, les chaînes de télévision filmaient abondamment le visage tuméfié et les pleurs d'un septuagénaire d'Orléans, Paul Voise, après une agression et l'incendie de sa maison. L'insistance sur ces enjeux aurait favorisé le vote pour le candidat du Front national Jean-Marie Le Pen, qui accédait alors au second tour de la présidentielle.