Election présidentielle de 2017 : pourquoi François Hollande y croit encore

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Malgré son impopularité et une majorité divisée, François Hollande est persuadé d'être le seul à fédérer la gauche pour porter une candidature socialiste forte en 2017, analyse François-Xavier Bourmaud, journaliste politique.

INTERVIEW

Impopularité après les attentats, multiplication des candidats à gauche, majorité divisée... Tout semble jouer en défaveur du président et pourtant, François Hollande croit encore se représenter à l'élection présidentielle de 2017, selon François-Xavier Bourmaud, journaliste politique au Figaro et invité de la matinale d'Europe 1 lundi. "C'est un incurable optimiste et un redoutable tacticien. Tous ceux qui l'ont affronté, à droite comme à gauche, l'ont appris à leurs dépens. Car si François Hollande a un talent, c'est bien celui de toujours se placer au centre des intérêts contradictoires", analyse François-Xavier Bourmaud. 

Un président persuadé d'être le candidat de la gauche.Dans le camp socialiste, Arnaud Montebourg s'apprête à se lancer dans la primaire, Emmanuel Macron rêve de pouvoir y aller, et d'autres comme Benoît Hamon y réfléchissent sérieusement... "Et que dit François Hollande ? 'Pour arriver au second tour, il faut éviter une multiplication de candidatures et construire une candidature qui fédère', a-t-il déclaré dans l'avion au retour de Rio. Au bout du compte, François Hollande est persuadé que tout finira par converger vers lui et qu'il sera le seul capable d'incarner la synthèse", explique François-Xavier Bourmaud. Pour lui, la condition du chômage ne constitue plus un obstacle à sa candidature : "si, cette condition continue d'exister totalement, jure un de ses proches. En cas de toute petite baisse du chômage, il sera relégitimer par son camp", défend le journaliste politique. Mais si François Hollande parvient à fédérer son camp, reste à affronter la droite.

Affronter la droite en défendant l'état de droit. "Pour François Hollande, l'élection présidentielle va se jouer sur la question de la démocratie et de la défense l'état de droit", explique François-Xavier Bourmaud. Sur ce point, le président est persuadé que la menace terroriste a fait apparaître un nouveau clivage dans le paysage politique. D'un côté, la droite et l'extrême droite qui défendent un état d'exception pour la première et un état d'exclusion pour la seconde. Et de l'autre côté, lui, qui vient incarner le camp des démocrates, de ceux qui respectent l'état de droit, analyse encore François-Xavier Bourmaud, avant de conclure : "C'est là-dessus qu'il veut essayer de cliver et d'engager le débat avec la droite. Une droite qui va devoir se méfier de lui, un peu plus qu'elle ne l'avait fait en 2012."