Effacés les bijoux de Christine Lagarde…

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Effacés les bijoux de Christine Lagarde…
@ NOUVELLES DU /SERVICE PHOTOGRAPHIQUE BERCY
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Une photo de la ministre, publiée en Une d’un magazine local, est en fait un photomontage.

Bijoux envolés et téléportation dans les rues de Paris : la magie "Photoshop", du nom du célèbre logiciel de retouche de photo, vient de frapper Christine Lagarde. Le Canard Enchaîné, ainsi que le premier adjoint à la mairie du 12e arrondissement, Alexis Corbière, sur son blog, ont repéré mardi un cliché largement retouché de la ministre de l’Economie.

La photo originale est proposée en libre accès par le service photographique de Bercy, dans la rubrique "Galerie de portraits" du site du ministère des Finances. La seconde est celle qui apparaît en couverture de la "Revue mensuelle du 12ème arrondissement de Paris", baptisée Nouvelles du 12, le magazine de l’opposition dans cet arrondissement parisien tenu par la gauche. Le titre à la Une du dernier numéro : "Une femme d’excellence au service du 12e".

Le jeu des quatre erreurs

Entre les deux clichés, jouons au jeu des quatre erreurs. Des deux bagues portées par Christine Lagarde, il n’en reste plus qu’une, la plus petite. Celle surmontée d’une perle de culture a disparu. Même coup de gomme pour le bracelet que la ministre portait au poignet droit et pour ses boucles d’oreilles.

La main de Christine Lagarde. 930400

© NOUVELLES DU 12 /SERVICE PHOTOGRAPHIQUE BERCY

Quant au décor en arrière-plan, il a radicalement changé : de la meute de journalistes présents au départ, il ne reste qu’un micro bleu, venu de nulle part, comme si le reporter était à genoux devant la ministre. Le nouveau décor est l’avenue Daumesnil, une zone commerciale du 12e arrondissement, facilement reconnaissable à ses arcades de briques rouges.

La tête de Christine Lagarde. 930400

© NOUVELLES DU 12 /SERVICE PHOTOGRAPHIQUE BERCY

Jacques Kalifa, le directeur de publication des Nouvelles du 12, explique avoir demandé une photo au cabinet de Christine Lagarde. "Puis, on a fait un montage avec le viaduc derrière", a-t-il détaillé sur Le Post.fr. Quelques heures plus tard, le rédacteur adjoint du magazine assurait quant à lui qu'un infographiste avait pris la décision de supprimer les bijoux.

Alexis Corbière, membre du Parti de Gauche, ne décolère pas. "C'est tellement grossier que ça en devient ridicule", reconnaît-il au micro d'Europe1.fr. Mais pour lui, l'affaire va bien au-delà du simple photomontage.

"Il y a une forme d'arrogance", explique-t-il :

Pour Alexis Corbière, Christine Lagarde "n'assume pas ses bijoux", ce qui "est révélateur que dans ce contexte social de crise". Pire pour lui, "elle ne s'intéresse pas à ce mandat d'élu de Paris", boudant les réunions locales.

"Je ne vois pas trop où est le problème. La photo originale existe sur notre site, Mme Lagarde représente la France. Si un journal fait des montages photos, ça lui appartient à lui", a réagi l'entourage de Christine Lagarde.