Édouard Balladur : "Quand on ambitionne d'exercer le pouvoir, il faut perdre l'espoir d'être tranquille"

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Édouard Balladur : "Quand on ambitionne d'exercer le pouvoir, il faut perdre l'espoir d'être tranquille"
@ AFP
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L'ancien premier ministre se confie sur la vie politique actuelle et l'affaire Karachi, dans laquelle il est mis en examen par la Cour de justice de la République (CJR).

INTERVIEW

Premier ministre de François Mitterrand et candidat malheureux à la présidentielle 1995, Édouard Balladur garde toujours un œil critique sur la vie politique française. Il est d'ailleurs membre du parti Les Républicains. Dans son dernier ouvrage, Grandeur, déclin et destin de la Ve République, co-écrit avec Alain Duhamel, il livre un plaidoyer pour la Ve République, alors que les institutions de cette dernière ont été pointées du doigt lors de la dernière campagne présidentielle.

Le "courage" de faire des réformes. Interrogé sur le président Emmanuel Macron et sa future réforme du code du travail, Édouard Balladur s'est montré optimiste. "Pour l'instant, la méthode est bonne. Il a beaucoup consulté et il s'est expliqué. Mais d'autres réformes vont venir, plus difficiles sans doute, comme la réforme des retraites", explique l'ancien Premier ministre dans C'est arrivée demain, sur Europe 1. Selon lui, "en matière de réformes en France, la question est d'avoir le courage de les faire. (...) Quand on ambitionne d'exercer le pouvoir, il faut perdre l'espoir d'être tranquille."

Sur la réforme des retraites, Édouard Balladur estime ainsi qu'il faudra bientôt relever l'âge de départ à la retraite, augmenter les cotisations et baisser les prestations. "Sinon, qu'est-ce que l'on va faire ? On augmentera la dette", déplore l'homme politique, soulignant au passage que ceux qui ne veulent pas réformer sont "des fainéants de la volonté".

Entendu sur Europe 1
Je n'ai rien à me reprocher, je suis tout à fait confiant dans l'avenir

Les Républicains en reconstruction. En avril dernier, François Fillon a échoué au premier tour de la présidentielle. C'est la première fois que le principal parti de droite ne va pas au second tour sous la Ve République. Aujourd'hui, Les Républicains doivent se trouver un nouveau président. Lors de cette étape de reconstruction, "la droite doit être fidèle à elle-même", estime Edouard Balladur. "Il est vrai qu'il y a plusieurs tendances à droite - européennes, libérales, gaullistes -, mais la droite a toujours vécu comme cela".

Pour l'heure, six candidats sont déclarés : Maël de Calan, Laurence Sailliet, Florence Portelli, Daniel Fasquelle, Laurent Wauquiez et Julien Aubert. "Il y a du talent chez tous les candidats. En ce qui me concerne, je ne vous dirais pas pour qui je me prononce, j'attends de voir leurs propositions".

Affaire Karachi, Balladur se dit "confiant". Questionné sur l'affaire Karachi, Edouard Balladur précise tout de suite : "Je ne veux pas m'exprimer longuement sur ce sujet car il y a une procédure en cours". Pour autant, dans cette affaire où l'ancien Premier ministre est mis en examen pour "complicité et recel d’abus de biens sociaux", Edouard Balladur affirme être serein. "Je n'ai rien à me reprocher. (...) Je suis tout à fait confiant dans l'avenir."