Duflot a "mal vécu" le limogeage de Batho

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Duflot a "mal vécu" le limogeage de Batho
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ZOOM - La ministre du Logement s'est posée la question du maintien des écologistes au gouvernement.

Contexte. Delphine Batho a fragilisé encore un peu plus les équilibres au sein de la majorité. En remplaçant pour la seconde fois sa ministre de l’Ecologie - après le départ de Nicole Bricq, dès le mois de juin 2012 - l’exécutif a mis en colère Europe Ecologie - les Verts (EELV), son allié. Et après Pascal Canfin, ministre EELV délégué au développement, mercredi soir sur Europe 1, c’est au tour de la chef de file des écolos et actuelle ministre du Logement, Cécile Duflot, dans un entretien au Monde, jeudi, d’adresser un signal d’avertissement à François Hollande.

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jean vincent placé

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Rester ou quitter le gouvernement ? Elle le confie d’emblée : Cécile Duflot a "mal vécu" l’éviction de Delphine Batho. Au point de s’interroger sur son avenir personnel. "Jusqu'alors, la question de notre présence au gouvernement ne se posait pas, mais je suis obligée de reconnaître que je me la suis posée hier." Et elle n’est pas la seule. Jean-Vincent Placé (photo), chef de file des Verts au Sénat, a ainsi estimé mercredi que les Verts ne sont "pas loin de la sortie. Il est clair que, pour les écologistes, il est impossible de voter un budget où l'écologie baisse autant", a-t-il renchéri.

"Nécessaire de repartir sur un autre pied". Pour le moment, Cécile Duflot, appréciée du chef de l’Etat, va continuer son chemin, car "il est nécessaire de repartir sur un autre pied au sein de ce qui a fait la majorité du 6 mai 2012." "L'an II doit être celui de l'écologie en actes. On ne peut plus perdre de temps. Non pas pour faire plaisir aux écologistes, mais parce que la gravité de la crise l'impose", a-t-elle poursuivi. Mais l’ancienne patronne d’EELV a conscience de ses limites. "Aujourd'hui, nous agissons au sein du gouvernement, mais nous n'écrivons qu'une partie de l'histoire. L'autre partie est entre les mains du président de la République et du Premier ministre. C'est à eux d'avoir le souhait et la volonté de mener ce changement." Et d’en tirer une conclusion implicite : "si tel n'est pas le cas, ce sera à nous d'en tirer toutes les conséquences, de manière sereine et avec beaucoup de regrets."

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Baisse de rythme sur les dossiers écolos. François Hollande avait très tôt voulu montrer sa détermination sur la question écologique, notamment en organisant rapidement après son élection une conférence environnementale. Objectif : établir la feuille de route vers la "transition écologique" qu'il appelait de ses vœux pendant la campagne. Depuis, les thématiques écolos ont été reléguées au second plan (fiscalité, nucléaire, aéroport Notre-Dame-des-Landes). Ce qui a poussé Delphine Batho à taper du poing.

02.07 Philippe Martin

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Philippe Martin, "plus qu'attendu". Cécile Duflot n’est pas loin de penser la même chose sur l’insuffisance des crédits alloués au ministère. Mais elle le dit de façon plus diplomatique. Une écologiste avertie en vaut deux. "Chacun voit bien qu'il faut aller beaucoup plus loin en matière de transition énergétique. Il est impossible d'en rester là, l'urgence commande d'accélérer le rythme", a-t-elle reconnu. Cette urgence, c’est donc Philippe Martin (photo), le successeur de Delphine Batho, qui va y répondre. Sous pression. "J'en pense du bien parce qu'on partage un certain nombre de combats, mais il va être plus qu'attendu dans les heures qui viennent", prévient Cécile Duflot.