"Du désenchantement à l’écoeurement"

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"Du désenchantement à l’écoeurement"
@ EUROPE 1
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Brice Teinturier, de TNS Sofres, analyse la baisse générale de popularité de la classe politique.

Avec seulement 26% d’opinions favorables, dans le dernier baromètre T NS Sofres Logica pour le Figaro Magazine, Nicolas Sarkozy touche le fond en termes de popularité. Mais pour Brice Teinturier, le seul cas du chef de l’Etat n’est pas le plus intéressant. "C’est un mouvemente général, car l’ensemble des personnalités de droite et de gauche baissent systématiquement", indique le directeur général adjoint de l’institut de sondage jeudi sur Europe 1. "On a un rejet d’ensemble, sur le thème de "ils sont tous un peu pareil". Et la défiance est maximale."

La gauche pas épargnée

Pour Brice Teinturier, l’explication de la baisse de la côte du président est simple : "c’est le climat de ces derniers jours. Il y avait un désenchantement sur tous les enjeux économiques et sociaux, de l’inquiétude, de la défiance. Mais il y a eu en plus les affaires", analyse le spécialiste. "On est passé du désenchantement et de la déception à des éléments beaucoup plus forts, presque de l’écoeurement. Mais c’est un climat général On a véritablement une vague de rejet qu’on n’avait pas vu depuis très longtemps à ce niveau-là.".

La gauche n’est pas épargnée. "C’est ça le plus intéressant dans cette vague d’enquête", a estimé Brice Teinturier. "Toutes les personnalités socialistes baissent également. Dominique Strauss-Kahn reste en tête, mais il a baissé. Martine Aubry est sable et s’enracine à un niveau élevé. Les deux ont des positionnements différents, puisque DSK est très populaire à droite comme à gauche, alors que Martine Aubry a un ancrage très fort à gauche. Les deux dominent largement les autres personnalités de gauche.

Les Le Pen sortent du lot

Certains sortent tout de même du lot. "Roselyne Bachelot, sous l’effet de la visibilité et de ses prises de position lors de la Coupe du monde, et Dominique de Villepin, qui monte un peu", a-t-il énuméré. "Mais les deux qui montent vraiment, ce sont Marine Le Pen, avec 18% de cote d’avenir, ce qui la situe à un niveau supérieur à beaucoup de personnalités gouvernementales, et également Jean-Marie Le Pen. Ce sont donc ceux qui contestent le système qui ont profité de toute cette vague qu’on a eu ces derniers jours."

La période estival pourra-t-elle permettre à Nicolas Sarkozy de redresser la barre ? "Traditionnellement, nous avons avec l’été une légère amélioration des cotes. Mais la rentrée sera difficile, dominée par la réforme des retraites, dominée par ce même climat. On ne peut pas s’attendre à ce qu’il y ait un changement considérable", a répondu Brice Teinturier. En revanche, le remaniement pourrait changer la donne. "Ce remaniement me paraît absolument nécessaire. Le président de la République doit envoyer un signe fort à l’opinion, et introduire un certain nombre de changements au sein de son gouvernement.