DSK : la primaire PS en question

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DSK : la primaire PS en question
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REACTIONS - Hollande est prêt à modifier le calendrier, Aubry refuse de se prononcer.

A quelques jours de la date limite de dépôt des candidatures, la primaire socialiste est déjà toute chamboulée après les derniers rebondissements de l’affaire DSK. L’hypothèse d'un retour politique de l'ex-patron du FMI a été évoquée par certains. Chez les orphelins de DSK comme chez les candidats déclarés à la primaire, ce possible retour et ses conséquences politiques ont été largement commentés.

Les strauss-kahniens divisés

Dans le camp strauss-kahnien dispersé “façon puzzle”, le report ou non de la primaire divise les troupes. Avant même que l’audience ne se tienne, vendredi, la vice-présidente du conseil régional d'Ile-de-France Michèle Sabban avait demandé sa "suspension" immédiate.

Pierre Moscovici, proche de DSK - qui vient de prendre position pour François Hollande - a, lui, aussi refusé de se prononcer sur ce point, appelant à la prudence et se refusant à "toute spéculation sur son retour politique".

"L'affaire n'est pas finie", a-t-il affirmé samedi sur Europe 1 :

Même son de cloche pour le sénateur-maire PS de Lyon Gérard Collomb, proche de DSK aussi et soutien de François Hollande dans la primaire socialiste. Appelant à la prudence, il a estimé samedi sur Europe 1 que "la première étape" pour Dominique Strauss-Kahn, avant d'envisager un retour en politique, était de "se reconstruire lui-même".

Enfin lundi matin, Jean-Christophe Cambadélis a assuré que DSk n'avait pas fait passer de message. "Vous savez, Dominique Strauss-Kahn que nous avons eu les uns et les autres au téléphone, ne nous a pas dit 'eh les gars, faites tout pour que le calendrier me permette de me représenter'. Je n'ai pas eu ce message là de la part de Dominique Strauss-Kahn", a-t-il déclaré sur RFI

"La maîtrise du temps, un élément essentiel"

Invité d'Europe 1 vendredi soir, Christophe Borgel, le secrétaire national du PS chargé des élections, a refusé d’envisager dans l’immédiat le scénario d’un retour de Dominique Strauss-Kahn, dont il est proche, dans la course à la présidentielle. "Ce soir, je n’y pense même pas", a préféré temporiser Christophe Borgel qui a refusé d’avoir "l’indécence de se précipiter dans des débats un peu politiciens". "La maîtrise du temps est un élément essentiel dans une campagne électorale", a-t-il simplement glissé.

Au sein des candidats déclarés à la primaire socialiste, l’hypothèse de son report divise franchement. Martine Aubry, qui a annonçait qu'elle maintenait "bien sûr" sa candidature, a indiqué dimanche soir sur France 2 que "Dominique Strauss-Kahn aura à s'exprimer lorsqu'il le voudra. Ce n'est pas à moi à parler à sa place". "Puisqu'on aime parler de débats irréels dans notre pays, admettons même que Dominique Strauss-Kahn décide de revenir comme candidat auprès de nous, personne n'osera lui opposer un quelconque calendrier",a déclaré la maire de Lille.

"Au nom de quoi faudrait-il lui retirer ce droit de revenir ?"

François Hollande a, lui, jeté un pavé dans la mare, en se déclarant favorable à un report de la date limite du dépôt des candidatures, initialement prévu jusqu'au 13 juillet. Si Dominique Strauss-Kahn était innocenté lors de la prochaine audience le 18 juillet, "ce qui pourrait arriver", cela lui permettrait "d'avoir toute liberté pour prendre une décision" par rapport à la primaire, a déclaré à l'AFP le député de Corrèze, prêt à un report à "fin juillet, voire même fin août". S'il doit y avoir des évolutions sur le plan judiciaire le 18 juillet", il ne doit plus être empêché de concourir "par des règles de procédures", a ajouté celui qui veut incarner un président "normal". Le député de Corrèze souhaite en revanche le maintien des dates du scrutin, les 9 et 16 octobre.

Ségolène Royal a prévenu lundi sur Europe 1 qu’elle refuserait désormais de commenter l’affaire DSK et ses conséquences sur la vie politique française. "Il faut le laisser tranquille. Il a d’autres priorités compte tenu de ce qu’il vit aujourd’hui. Il doit prendre son temps. Il faut arrêter de lui mettre de la pression", a asséné la candidate à la primaire socialiste. "Le calendrier de l’élection présidentielle française n’est pas assujetti au calendrier judiciaire américain. Il faut tourner la page de cette justice spectacle."

"Aucune raison de changer", selon Montebourg

Un avis que ne partage pas Arnaud Montebourg. "Les socialistes doivent continuer à tracer leur route vers la victoire de la gauche en 2012, pour bâtir ensemble la Nouvelle France. Ils ont le devoir de réussir les primaires citoyennes dont les modalités et le calendrier n'ont, en l'état, aucune raison de changer", a assuré le député de Saône-et-Loire.

Le premier secrétaire par intérim du Parti socialiste Harlem Désir a semblé vouloir clore le débat, estimant qu'il n'y avait "aucune raison de revenir sur le calendrier" de la primaire. "Il faut que nous continuions (...) à faire en sorte que celles et ceux qui souhaitent être candidats dans ces élections primaires puissent se présenter devant les Français. La période de dépôt des candidatures est ouverte, mais je crois qu'il n'y a pas de raison de revenir sur ce calendrier", a-t-il déclaré lors de son premier déplacement en centre Bretagne.