"Droit d'inventaire" : Fillon et les autres

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"Droit d'inventaire" : Fillon et les autres
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BILAN - Raffarin, Fillon et d’autres veulent analyser ce qui n’a pas marché chez Sarkozy.

Longtemps, le quinquennat de Nicolas Sarkozy, à l’UMP, a été intouchable, inattaquable, incritiquable. Depuis, la concorde s’effrite et des cadres de l’UMP n’hésitent plus à demander haut et fort que soit réalisée l’analyse de ses cinq années à l’Elysée. Europe1.fr les a recensé.

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François Fillon. "Je t’aime moi non plus", voilà peut-être la meilleure formule pour décrire la relation entretenue pendant 5 ans par Nicolas Sarkozy et son Premier ministre. Voir aujourd’hui François Fillon s’éloigner quelque peu de l’ancien président n’a donc rien de surprenant. Mardi soir, à la Mutualité, le député de Paris a franchi un cap. "La France était tellement plus audacieuse du temps de Sarkozy parce qu’il avait du courage, de la fougue et une vision", a-t-il ainsi lancé. L’utilisation du passé est loin d’être anodine dans un discours politique où chaque mot est pesé et soupesé…

"Nos lauriers sont à terre. Il n'y a plus ni préséance, ni hiérarchie", a-t-il encore poursuivi. "Il faut nous réinventer, nous désaccoutumer du passé pour repartir sur de nouvelles bases". "En République, ce sont les citoyens qui se sauvent ou qui se perdent. Nous devons tous refaire nos preuves et moi le premier. "Le message est limpide. Pour ceux qui n’auraient pas encore compris, l’ancien chef du gouvernement rabâche son message, dit regarder "lucidement le passé" : "ne cherchons pas d'excuses, ne cherchons pas de sauveur".

"Ne cherchons pas d'excuses ni de sauveur" : 

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Jean-Pierre Raffarin. Empêcheur de tourner en rond, rabat-joie, bonnet de nuit… Alors que l’ensemble de l’UMP était réuni, la semaine dernière, à l’invitation de Brice Hortefeux, président de l’Association des Amis de Sarkozy, un blog du Monde ressuscitait des propos tenus par l’ancien Premier ministre dans l’Etat de l’opinion, une revue éditée par TNS Sofres en collaboration avec Le Seuil.

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Le sénateur de la Vienne y recensait cinq raisons qui ont conduit à la défaite de Nicolas Sarkozy le 6 mai 2012. Un inventaire à charge qui a fortement déplu. "Je suis choqué mais pas surpris car Jean-Pierre Raffarin n’avait pas été très actif pendant la campagne", expliquait alors Eric Ciotti à Europe1.fr. "C’est un peu excessif", enchérissait ironiquement Eric Woerth, ancien ministre du Budget.

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Pierre Lellouche. Le député UMP de Paris est encore plus virulent que Jean-Pierre Raffarin. "J'aimerais bien qu'on me dise pourquoi on a perdu toutes les élections depuis 2007. Pourquoi est-ce qu'on n'a pas fait à temps un certain nombre de changements importants comme les 35 heures, l'ISF ou la fiscalité ou le code du travail", s’interrogeait-il au micro de France Inter. "Je ne cesse de dire ça mais pour l'instant, je parle un peu dans le vide. Ça commence à être un peu fatigant", poursuivait l'élu parisien. Fatigué, mais pas abattu. Invité au colloque des Amis de Sarkozy, l’ancien secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur a répété à la tribune sa volonté d’un droit d’inventaire. "Mais pour qui il se prend celui là ?" avait réagi Monique, retraitée de 67 ans, auprès d’Europe1.fr, présent à ce moment là.

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Nathalie Kosciusko-Morizet. Aujourd’hui, elle fait l’unanimité à l’UMP, qui voit en elle la candidate parfaite pour ravir la mairie de Paris. Hier, elle était attaquée de toute part. Quelques semaines seulement après la défaite de Nicolas Sarkozy, l’ancienne ministre de l’Ecologie avait en effet accusé Patrick Buisson, idéologue de la campagne, d’avoir voulu faire "gagner Charles Maurras" plutôt que Nicolas Sarkozy, une attaque en creux de la stratégie de droitisation usitée dans l'entre-deux-tours. NKM s’est défendue face aux sarkozystes outrés, sans renier ses principes : "pour avoir ouvert le débat sur notre relation avec le FN, cette question récurrente qui nous empoisonne à chaque élection", elle se retrouve "accusée de crime de lèse majesté", dit-elle, mais "la droite mérite un débat de fond".

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Roselyne Bachelot. La langue de bois, elle ne connaît pas. Et c’est encore plus vrai depuis qu’elle a quitté la vie politique pour le petit écran. Alors quand elle est interrogée sur les raisons de la défaite  de Nicolas Sarkozy, Roselyne Bachelot, proche de François Fillon, ne tourne pas autour du pot : "qu'est ce qu'on va faire, on ne va rien dire ? On a perdu la présidentielle et les législatives. On a laissé une centaine de nos compagnons sur le terrain, on va passer au milieu des cadavres en chantonnant ?", s'interrogeait-elle dans le JDD, avant de conclure, philosophe : "la lucidité est toujours douloureuse. Mais celui qui ne pratiquera pas la lucidité, bâtira la construction sur du sable".