Dray porte plainte après les "fuites" dans les médias

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Dray porte plainte après les "fuites" dans les médias
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Julien Dray, visé par une enquête pour abus de confiance, a porté plainte mardi pour "violation du secret professionnel" à la suite de "fuites" sur ce dossier judiciaire dans les médias. Le député socialiste de l'Essonne affirme qu'il n'a rien à se reprocher et a exclu de démissionner de ses mandats. La direction du PS reste peu loquace sur cette affaire mais certains au sein du parti mettent en cause le pouvoir, dénonçant une "volonté de nuire" au PS dans une affaire aux circonstances "un peu étranges, en plein mouvement lycéen".

Julien Dray contre-attaque. Visé par une enquête pour abus de confiance, le député socialiste a porté plainte mardi pour "violation du secret professionnel et recel de ce délit" à la suite de "fuites" sur ce dossier judiciaire dans les médias. "Nous voulons connaître l'origine des fuites qui ont permis que les informations de l'enquête soient transmises à des médias. Nous voulons déterminer quel service ou quelle personne en est à l'origine", a expliqué son avocat. "Nous avons été offensés que des investigations soient présentées comme quasiment une déclaration de culpabilité", a-t-il ajouté."Une fuite semble avoir été organisée concernant la note de Tracfin", l'organisme français de surveillance des flux financiers, a justifié l'avocat de Julien Dray.

Car c'est la note de Tracfin a été à l'origine de l'ouverture d'une enquête préliminaire pour des détournements de fonds présumés commis au préjudice de deux associations : les Parrains de SOS Racisme et de la Fédération indépendante et démocratique des lycéens (FIDL). Tracfin relèverait que Julien Dray n'a effectué aucun retrait en espèces depuis deux ans sur ses comptes. Pendant la même période, 94.000 euros ont été retirés en liquide des comptes des deux associations. Au total, les mouvements de fonds suspects portent sur 350.000 euros. Le domicile ainsi que le bureau de Julien Dray à l'Assemblée nationale ont été perquisitionnés vendredi.

"Des atteintes à la présomption d'innocence de mon client et à la qualité de l'enquête en cours sont manifestes et portent lourdement préjudice à M. Julien Dray", déclare son avocat, en précisant que son client "entend se constituer partie civile dans le cadre de la procédure ouverte". Le député socialiste a déclaré lundi dans Le Parisien qu'"il n'est pas question de démissionner de (ses) responsabilités" au PS. "Je vais me mettre un peu en retrait et ne plus siéger pendant un certain temps au bureau national", a-t-il affirmé. Il a par ailleurs déploré que Martine Aubry, première secrétaire du PS, ne lui ait pas apporté son soutien.

La direction du PS reste peu loquace sur cette affaire. Benoît Hamon, porte-parole du PS, a répondu laconiquement lundi que "premièrement, il est présumé innocent, deuxièmement, il est l'objet d'une enquête préliminaire mais n'est pas mis en examen, et troisièmement, c'est une affaire privée" qui "ne concerne pas le PS". Même son de cloche auprès du secrétaire national à l'Education, Bruno Julliard, pour qui c'est "une affaire privée" et "la justice doit faire son travail". Collègue de Julien Dray au Conseil régional d'Ile-de-France, la vice-présidente Michèle Sabban a rué dans les brancards et réclamé "une déclaration du parti" sur le député de l'Essonne, car "dans ces cas-là, on a surtout besoin de ses amis, de sa famille". Certains au PS mettent en cause le pouvoir, dénonçant une "volonté de nuire" au PS dans une affaire aux circonstances "un peu étranges, en plein mouvement lycéen". Le député Pierre Moscovici a demandé de faire preuve de "pudeur, décence et solidarité", évoquant une "coïncidence avec le mouvement lycéen".