Les électeurs UMP divisés dans le Doubs

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Les électeurs UMP divisés dans le Doubs
@ SEBASTIEN BOZON / AFP
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REPORTAGE - Voter pour le candidat socialiste ou pour celui du FN, voire ne pas choisir du tout, il y a de tout dans le Doubs avant le second tour de la législative partielle, dimanche prochain.

L'INFO.Alain Juppé a annoncé son intention de voter pour le candidat PS lors du second tour de la législative partielle du Doubs. Objectif annoncé du maire de Bordeaux : "faire barrage au Front national". Une position déjà défendue lundi par la numéro deux de l'UMP, Nathalie Kosciusko Morizet. Mais Nicolas Sarkozy devrait opter pour le "ni-ni", selon les informations d'Europe 1. Pour les électeurs, pas facile de se prononcer quand on est habitué à voter UMP et que le seul choix est entre le FN et le PS.

>> Europe 1 s'est rendu à Fesches-le-Châtel, une commune dont le maire est justement le candidat UMP battu lors du premier tour de la législative. Et les électeurs sont très partagés.

"Le FN, cela me fait peur". Leur option numéro 1 : ne pas choisir. En langage UMP, cela revient au "ni-ni" que semble prôner Nicolas Sarkozy. Dolorès, retraitée, suivra la position de son "patron" et votera blanc dimanche prochain. "Ni l'un ni l'autre ! Dès fois, j'ai eu envie de voter FN. Mais d'un autre côté, on sait quand même ce que représente le FN. Donc il faut se dire non, non, non. Il faut essayer tenir. Non, non, non, non, non, non ! Aujourd'hui, ce sont les musulmans qui sont stigmatisés, et puis après ce sera qui ? Les handicapés ? Alors non, le FN, cela me fait peur", assure-t-elle, pas emballée non plus à l'idée de voter pour Frédéric Barbier, le candidat de la majorité,  arrivée deuxième dimanche dernier derrière la candidate du FN Sophie Montel. "Le PS, mon dieu… quand je vois ce que je touche à la retraite, c'est tout juste si je peux acheter des croquettes à mon chien…" Et de conclure, presque suppliante : Vous n'avez pas quelqu'un d'autre à proposer bon sang ?"

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"On n'en veut plus de cette gauche de merde !" Autre option sur la table : voter pour le candidat frontiste. C'est ce que va faire  Pascal, ouvrier chez PSA, particulièrement remonté contre la majorité : "J'ai voté UMP, et je voterai Front national. Il faut combattre la gauche ! Je ne veux pas qu'ils aient la majorité. On n'en veut plus de cette gauche de merde !" lance-t-il, franchement désabusé.

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"Les socialistes ont bien voté pour Chirac en 2002". Dernière possibilité pour les électeurs déçus du premier tour : voter pour le candidat socialiste. Un militant UMP confie par exemple à Europe 1 que "les socialistes ont bien voté pour Chirac en 2002" pour faire barrage à Jean-Marie Le Pen. "On est des républicains, on va faire pareil, mais dans l'autre sens", assure-t-il donc. Dit autrement, les 26,5% des voix obtenus par le candidat UMP au premier tour vont se disperser un peu façon puzzle. Reste à savoir lequel des candidats en profitera le plus...