Dimanche, en France, on (re)vote

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Dimanche, en France, on (re)vote
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Trois élections législatives, en juin dernier, ont été annulées pour irrégularités.

Si Marine Le Pen a été déboutée par le Conseil constitutionnel à Hénin-Beaumont, il est trois autres cas où les Sages ont jugé que le scrutin était entaché d’irrégularité. Focus sur ces trois nouvelles élections qui se dérouleront dimanche.

La 13e circonscription des Hauts-de-Seine
Situation difficile pour Patrick Devedjian. L’ancien ministre de la Relance de Nicolas Sarkozy, isolé dans son propre camp, va devoir de nouveau se frotter au suffrage universel, et sa courte victoire en juin dernier laisse augurer un scrutin très serré. Son adversaire socialiste ne s’était en effet incliné que de 200 voix. Et c’est lui, Julien Landfried, qui a intenté un recours contre l’actuel président du conseil général des Hauts-de-Seine. Avec succès. Patrick Devedjian avait choisi comme suppléant une personne qui exerçait déjà cette fonction auprès d'un sénateur. Or  l’article L.O. 134 du code électoral l’interdit.

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Patrick Devedjian est donc reparti en campagne, en pleine guerre interne à l’UMP. "Si ça ne s’était pas passé comme ça, c’était dans la poche pour Patrick Devedjian. Mais là…", confiait à Europe1.fr une militante UMP, sur le marché d’Antony. Patrick Devedjian s’attache, lui, à relativiser la portée du psychodrame sur le terrain. "Moi, je m’efforce de rassembler. Ici, il n’y a d’ailleurs aucun incident, aucune difficulté. Copéistes et fillonistes s’entendent bien", assure-t-il. Il a d’ailleurs pu compter sur des soutiens de poids : Christian Jacob, Valérie Pécresse, Nathalie Kosciusko-Morizet ou encore Rama Yade sont venus le soutenir.
 
 

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La 1ere circonscription du Val-de-Marne
 Elu avec 57% des voix en juin dernier, Henri Plagnol a vu le scrutin annulé pour les mêmes raisons que Devedjian. Son suppléant est également celui d'un sénateur. Mêrme cause, même effet : retour à la case campagne électorale. Et le candidat socialiste, Akli Mellouli, espère bien profiter de la division de la droite pour faire son entrée dans l’hémicycle. Henri Plagnol, candidat UDI-UMP, reconnaît d’ailleurs que "tout candidat subit les conséquences" du "spectacle donné par l'UMP." Mais reste optimiste, avec en lui "le sentiment que la grande majorité de nos électeurs sont toujours là et veulent sanctionner la gauche au pouvoir". "Inlassablement", il appelle à mettre "un carton rouge au tandem Hollande-Ayrault."

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La 6e circonscription de l'Hérault
Dolorès Roqué, élue socialiste, ne s’était imposée qu’avec 10 petites voix d’avance. Et le Conseil constitutionnel a jugé que 23 procurations de vote pour le second tour de scrutin comportaient "des irrégularités substantielles". Entre l’impopularité de la majorité et la guerre intestine que se livre l’UMP, c’est bien le candidat du Front national qui pourrait tirer les marrons du feu. En juin dernier, France Jamet avait en effet contraint les deux candidats des "grands" partis à une triangulaire. Et cette fois, elle pense que le contexte  va "sûrement" lui bénéficier.

Craint-elle une démobilisation des électeurs? "Les électeurs UMP sans doute, ou alors ça va les inviter à se mobiliser pour voter FN, c'est en tout cas ce qu'ils nous disent sur le terrain", raconte-t-elle. Verdict dimanche dans les urnes.