Didier Migaud : "il faut davantage maîtriser les dépenses de personnel" dans les collectivités territoriales

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Le premier président de la Cour des comptes a pointé sur Europe 1 la dégradation de la situation financière des collectivités.

"Nous constatons que la situation financière des collectivités territoriales continue de se dégrader", a alerté Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes, mercredi sur Europe 1. "Paradoxalement, elles ont contribué à un solde meilleur au niveau des comptes publics sur le plan national", a-t-il toutefois relevé au micro de Jean-Pierre Elkabbach. "Elles ont moins dépensé, parce qu'elles ont aussi beaucoup moins investi".

L'Etat est-il en cause ? Pas seulement. "La réduction des dotations, notamment en 2014, n'explique pas toute la dégradation financière des collectivités territoriales", a affirmé Didier Migaud. "Si la dotation de l'Etat a été réduite, elle a été compensée par d'autres transferts financiers, notamment en direction des départements et des régions".

Des dépenses qui augmentent plus vite que les recettes. "Le gros problème structurel des collectivités territoriales, c'est que les dépenses de fonctionnement augmentent plus vite que les recettes de fonctionnement, notamment les dépenses de personnel", a souligné Didier Migaud. Il a notamment pointé une "durée effective de travail (qui) peut être inférieure à la durée légale de travail". "D'où un recours à des effectifs supplémentaires, à des heures supplémentaires, donc cela peut représenter un coût pour la collectivité", a-t-il ajouté.

"Il faut pouvoir davantage maîtriser les dépenses de personnel, même s'il peut y avoir des décisions de l'Etat qui ont des conséquences sur les dépenses des collectivités territoriales", a poursuivi Didier Migaud, mentionnant notamment la réforme des rythmes scolaires.

Pour Didier Migaud, "les citoyens sont de plus en plus sensibles aux résultats des politiques publiques". "Le gros problème que nous avons en France, c'est un décalage entre un niveau de dépense publique, qui est plutôt plus élevé que dans beaucoup d'autres pays comparables" avec des résultats qui ne sont pas à la hauteur", a conclu le patron de la Cour des comptes.

>> L'interview en intégralité :