Didier Guillaume (PS) : "On ne fait pas un 49.3 pour se faire plaisir"

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Didier Guillaume, président du groupe socialiste au Sénat et Laurent Baumel, député socialiste frondeur, ont réagi sur Europe 1 au recours au 49.3 par le gouvernement pour faire passer la loi Travail.

INTERVIEW

Manuel Valls a dégainé le 49.3, mardi, pour faire passer la loi El Khomri. Devant les élus, il a justifié cette décision par le fait que "la réforme doit aboutir, parce que le pays doit avancer, parce que les relations salariales et les droits des salariés doivent progresser".

"Cette loi est indispensable pour le pays". "Pourquoi le gouvernement prend cette décision ? Parce que nous pensons que cette loi est indispensable pour le pays", abonde Didier Guillaume, président du groupe socialiste au Sénat. "On ne fait pas un 49.3 pour se faire plaisir. Nous avons constaté que, parce qu’il manque des députés socialistes à l'appel au vote final, il n’était pas possible de faire passer la loi", explique-t-il sur Europe 1.

"Je n'accepte pas le mot 'coup de force'". Selon un sondage Odoxa publié vendredi dernier, plus de sept Français sur dix (71%) disaient qu'ils trouveraient "choquant" que le gouvernement utilise l’arme du 49-3 pour faire adopter le projet de loi travail sans vote. Mais Didier Guillaume refuse de parler d’un "coup de force". "Je n’accepte pas le mot 'coup de force'. La position du gouvernement, ce n’était pas de passer en force. C’était de mener le débat jusqu’au bout. Des avancées immenses ont été faites. Aujourd’hui, cette loi elle est votable par tout le monde", assure-t-il. 

Entendu sur Europe 1
Cette loi, elle aurait dû passer, parce que 100% des députés socialistes auraient dû la voter.

Les frondeurs voteront-ils la motion de censure ? Une quarantaine de frondeurs ne veulent pourtant pas voter le texte. "C’est mon grand regret", déplore Didier Guillaume. "Cette loi, elle aurait dû passer, parce que 100% des députés socialistes auraient dû la voter." Les députés LR et UDI ont quant à eux déposé une motion de censure contre le gouvernement, dénonçant "l'impasse dans laquelle François Hollande a mené (le) pays". Si la motion de censure sera débattue jeudi à l'Assemblée, Laurent Baumel, chef de file des députés socialistes frondeurs, ne sait pas encore s’il la signera, ou si les frondeurs déposeront eux aussi leur propre motion de censure. "On va se réunir demain pour en discuter collectivement", précise-t-il sur Europe 1. "Ce n’est évidemment pas une décision anodine. Jusqu’à présent, on n’avait pas du tout envisagé ce genre de choses. Mais là on n’est pas non plus dans une situation anodine."

Une chose est sûre, une telle décision pourrait acter définitivement la fracture au sein de la gauche. "Voter une motion de censure de la droite pour inverser le gouvernement est un acte politique qui fait qu’une vie commune n’est plus possible", estime Didier Guillaume. "Mais je ne crois pas qu’ils vont aller jusque-là". La réponse devrait intervenir jeudi au plus tard.